« Même les morts ne sont pas tranquilles ». En Cisjordanie, des Israéliens ont contraint une famille palestinienne à exhumer, vendredi, le corps de leur père âgé de 80 ans seulement quelques heures après son enterrement. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a dénoncé une violence « effroyable » qui n’épargne « ni les morts ni les vivants ».
Vendredi, des colons israéliens ont forcé des villageois palestiniens, en Cisjordanie, à exhumer un corps fraîchement enterré au motif qu’il se trouvait « trop proche de la colonie ». L’armée israélienne a été photographiée observant cette scène « nécrophile » sans intervenir. Sous la menace, les Palestiniens en deuil ont finalement dû transporter le corps afin de l’enterrer ailleurs.
Un corps déterrer juste après l’enterrement
Le vendredi 8 mai, alors que les funérailles d’un Palestinien de 80 ans se déroulaient près de Jénine, des colons israéliens ont fait irruption. Ils ont menacé le cortège funéraire et exigé que les proches exhument le défunt. Pourtant, l’enterrement avait été préalablement coordonné avec l’armée israélienne qui occupe ce territoire palestinien. Les colons ont néanmoins refusé que ce Palestinien soit enterré dans ce cimetière.
Face aux menaces — comme le montrent plusieurs vidéos tournées sur place — la famille du défunt n’a eu d’autre choix que de déterrer le corps avant de le transporter à pied jusqu’à un autre cimetière plus éloigné de la colonie. Toute la scène s’est déroulée sous le regard des soldats israéliens.
Cisjordanie :
Des colons israéliens ont exhumé la tombe d’un Palestinien quelques heures après son enterrement, affirmant qu’elle était trop proche de leur implantation illégale « Tirsala ».
Les troupes israéliennes sont ensuite arrivées et ont forcé la famille à terminer… pic.twitter.com/L7LgT0WwWo
— L'oeil Medias (@LoeilMedias1) May 9, 2026
Une violence « effroyable » qui n’épargne « ni les morts ni les vivants »
Sept jeunes hommes de la famille ont ainsi été contraints d’exhumer le corps afin de le transférer vers une nouvelle sépulture dans le village voisin de Funduqomiya. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a dénoncé une violence « effroyable » qui n’épargne « ni les morts ni les vivants ».
Les faits se sont produits près de Sa-Nur, l’une des colonies évacuées lors du désengagement israélien de 2005. Les autorités israéliennes ont depuis autorisé sa réouverture, et les constructions s’y sont accélérées ces derniers mois. Cette situation oblige désormais les Palestiniens à obtenir des permis israéliens pour enterrer leurs morts dans cette zone, une procédure que la famille avait pourtant respectée plus tôt dans la journée.
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Une nécrophilie d’état
« Nous pensions que l’enlèvement de cadavres et leur trafic abominable étaient les symptômes les plus graves de la nécrophilie en Israël. Du moins, c’est ce que nous pensions jusqu’à ce week-end », a déploré le journaliste israélien Gideon Levy dans Haaretz.
« L’armée israélienne, comme d’habitude, s’est rendue pleinement complice de cet outrage. On peut supposer que les colons et les soldats ont tiré tout le plaisir possible de cet acte : creuser, exhumer un corps et l’emporter. Exactement ce qu’ils aiment faire aux villageois vivants également ».
En Cisjordanie occupée, les violences commises par des colons israéliens sont devenues quotidiennes. L’ONG israélienne Breaking the Silence affirme en avoir recensé 378 en seulement 40 jours.
