Alors que la « phase 2 » du plan de « paix », initié par Donald Trump et prévoyant le retrait de l’armée israélienne, peine à se concrétiser à Gaza, des montagnes de détritus s’accumulent dans l’enclave palestinienne, qui subit toujours des frappes d’Israël et le blocage d’une partie de l’aide humanitaire. La situation sanitaire se dégrade et fait craindre un risque de propagation de maladies.
Plus de six mois après le cessez-le-feu, Israël continue de bombarder et de tuer à Gaza. Mercredi 15 avril, des attaques ont fait huit morts et trois blessés. Et à l’insécurité permanente s’ajoute le drame humanitaire : avec le début de l’agression contre l’Iran, Israël a restreint l’accès à l’aide humanitaire et celui-ci n’a toujours pas été rétabli, malgré les engagements pris en octobre dernier.
La situation sanitaire se dégrade avec l’accumulation de déchets
Plus de deux millions de personnes dans la bande de Gaza luttent pour préserver leur santé alors qu’elles vivent à proximité de montagnes de déchets mêlés à de la terre et des débris dans toute l’enclave, avec des moyens limités pour nettoyer ce qui était autrefois des quartiers animés. La situation sanitaire est critique, entre la prolifération de rats et la propagation de maladies favorisées par des amas de déchets impossibles à évacuer.
Avant la guerre, c’était un marché de Gaza. Aujourd’hui, Firas est devenu une décharge à ciel ouvert. « Nous souffrons de maladies de peau », raconte Oum Abdallah, une habitante du quartier. « Chaque matin des enfants font du feu ici, ce qui nous empêche de respirer », poursuit-elle. Ces enfants brûlent les déchets pour récupérer des matériaux et tenter de contenir la décharge à ciel ouvert.
Israël a restreint l’accès à l’aide humanitaire et fermé des points de passage. La situation sanitaire se dégrade avec l’accumulation de déchets impossibles à évacuer, vecteurs de rats et de maladies. « Les Israéliens ont bloqué le transfert des déchets vers la zone de Jouhore ad Dik, c’est là-bas qu’on les évacuait avant la guerre, avec l’aide du programme des Nations Unies pour le développement », explique Hosni Mohamana, porte-parole de la mairie de Gaza.
Displaced Palestinians in Gaza struggle to survive as waste piles up around tents in Deir al-Balah, worsening sanitation and raising risk of disease pic.twitter.com/NQnAMNmmO7
— Anadolu English (@anadoluagency) April 19, 2026
« Se déplacer [à Gaza] est devenu en soi une activité mortelle »
Ce constat cinglant intervient six mois après le lancement du plan de « paix » de Donald Trump, dont l’administration a annoncé la seconde phase dès le 14 janvier. Pourtant, si la première étape s’est achevée avec la remise du dernier détenu israélien par le Hamas, la clause exigeant l’arrêt immédiat des hostilités par les deux parties n’a pas été respectée par Israël.
« Se déplacer est devenu en soi une activité mortelle. Des cas de Palestiniens tués par les forces israéliennes alors qu’ils marchaient, conduisaient ou se tenaient à l’extérieur sont recensés presque chaque jour » a dénoncé Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Il a qualifié de « crime de guerre » le ciblage des civils en raison « de leur proximité avec la soi-disant “ligne jaune” ».
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L’armée israélienne contrôle encore près de 60 % du territoire
Retranchées derrière ce tracé, à l’est de la bande de Gaza, les troupes d’occupation tirent sur toute personne s’en approchant, tandis que les populations vivant à proximité s’exposent à des balles perdues, ce qui les contraint à se déplacer perpétuellement. Alors qu’elle est censée se retirer progressivement de l’enclave dans le cadre de la « phase 2 », parallèlement à la démilitarisation du Hamas, qui gère la partie ouest de l’enclave, l’armée israélienne contrôle encore près de 60 % du territoire.
Ce versant oriental fait désormais office de zone tampon entre la bande de Gaza et Israël ; l’armée israélienne y rase méthodiquement toute infrastructure subsistante. Une enquête du quotidien israélien Haaretz du 26 mars vient étayer les craintes de voir cette « ligne jaune » se transformer en frontière durable : le journal a documenté, images satellites à l’appui, la construction de 32 bases militaires et d’une barrière de 17 kilomètres.
