La deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza se précise sous l’impulsion de Donald Trump, qui a lancé la création d’un « Conseil de paix pour Gaza ». Plusieurs dirigeants étrangers, dont ceux de pays de l’UE, de l’Égypte, de la Turquie et de la Jordanie, ont été invités à y participer. Cette initiative suscite déjà une vive indignation en Israël.
Le président américain a adressé, mercredi dernier, une soixantaine de courriers à des chefs d’État et de gouvernement afin de les inviter à rejoindre le comité chargé de garantir la paix dans la bande de Gaza. Des pays de l’Union européenne, mais aussi l’Égypte, la Turquie et la Jordanie figurent parmi les destinataires. Israël a annoncé samedi contester la composition d’un organe réunissant, selon lui, des « pays hostiles ».
Des membres contestés et constestables
Plusieurs responsables étrangers ont confirmé samedi avoir reçu une invitation de l’administration Trump pour intégrer ce Conseil, sans préciser s’ils comptaient y répondre favorablement. Parmi eux figurent notamment le Premier ministre albanais Edi Rama, le président argentin Javier Milei, le président brésilien Lula, le Premier ministre canadien Mark Carney, le président chypriote Nikos Christodoulides, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ou encore le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Les premiers membres de ce Conseil ont été officiellement dévoilés par la présidence américaine. Y siégeront Donald Trump, qui en assurera la présidence, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’émissaire spécial Steve Witkoff, Jared Kushner, gendre du président américain, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le milliardaire Marc Rowan, le président de la Banque mondiale Ajay Banga ainsi que Robert Gabriel, conseiller de Donald Trump.

Un comité palestinien de gouvernance et un « executive board »
Selon la Maison-Blanche, ce Conseil de « paix » travaillera sur « le renforcement des capacités de gouvernance, les relations régionales, la reconstruction, l’attraction des investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation des capitaux » en vue de la reconstruction de Gaza, dévastée par deux années de génocide. En parallèle, deux autres structures ont été mises en place : un comité palestinien et un « executive board ».
Le comité palestinien de gouvernance, entité technocratique placée sous la supervision du Conseil principal, devra « superviser la restauration des services publics essentiels, la reconstruction des institutions civiles et la stabilisation de la vie quotidienne à Gaza », précise la Maison-Blanche. Il est composé de quinze personnalités palestiniennes et présidé par Ali Shaath, ancien vice-ministre palestinien.
Le troisième organe, l’« executive board », est chargé de « soutenir une gouvernance efficace et la fourniture de services de pointe favorisant la paix, la stabilité et la prospérité pour la population de Gaza », selon Washington.
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Indignation israélienne et méfiance des militants palestiniens
L’initiative a toutefois provoqué une vive irritation en Israël, qui déplore l’absence de concertation préalable. Benjamin Netanyahou a exprimé son opposition ferme, dénonçant notamment la présence de personnalités liées à la Turquie et au Qatar, pays jugés hostiles aux intérêts israéliens.
Le Jihad islamique palestinien a également accueilli froidement l’annonce, estimant que les membres du Conseil avaient été choisis pour servir Israël. « Nous avons été surpris par la composition du prétendu “conseil de paix” et par les noms annoncés, choisis selon des critères israéliens et servant les intérêts de l’occupation », écrit le mouvement dans un communiqué, évoquant des « intentions négatives préméditées » concernant l’application du cessez-le-feu.
Malgré les protestations de Tel-Aviv, la Maison-Blanche semble déterminée à poursuivre son initiative, revendiquant une autonomie totale sur le dossier de Gaza. L’administration Trump aurait ainsi invité le Premier ministre israélien à se concentrer sur la question iranienne, laissant aux États-Unis la gestion de la reconstruction du territoire.
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