Réfugié politique en France, après sa libération des prisons égyptiennes, l’activiste palestinien Ramy Shaath fait désormais face à une procédure d’expulsion liée à ses prises de position en faveur de la cause palestinienne. Son dossier sera étudié le jeudi 21 mai lors d’une commission départementale d’expulsion organisée à Nanterre.
La libération de Ramy Shaath avait pourtant été défendue par Emmanuel Macron. Le militant palestinien, qui avait obtenu l’asile politique en 2022 après avoir passé près de 900 jours dans les prisons égyptiennes, est aujourd’hui menacé d’expulsion. Il doit comparaître lors d’une audience décisive prévue le jeudi 21 mai 2026 au tribunal judiciaire de Nanterre, où il vit actuellement.
Une procédure d’expulsion imminente
Visé par une procédure d’expulsion imminente, l’activiste se trouve désormais dans le collimateur du préfet des Hauts-de-Seine. Les autorités pointent son engagement au sein du collectif Urgence Palestine, dont il est l’un des fondateurs, ainsi que certaines de ses prises de parole jugées « trop violentes ».
Selon l’avocate Damia Taharraoui, citée par Libération, la préfecture de Nanterre a officiellement fait connaître son intention d’engager cette procédure contre le militant de 54 ans, qui sera entendu le 21 mai devant une commission départementale d’expulsion. Il lui est notamment reproché ses liens avec des organisations propalestiniennes et des déclarations considérées comme hostiles sur le génocide perpétré à Gaza.
Le militant palestinien Ramy Shaath est menacé d’expulsion par la France dans le cadre d'une politique maccarthyste contre les voix palestiniennes. Il faut faire bloc !
🇵🇸 Mobilisons-nous : https://t.co/OhBMQ7nHHD pic.twitter.com/7ph1UH1xXB
— Tom Martin 𓂆 🇵🇸 (@TomMartin1948) May 16, 2026
La ville de Nanterre se mobilise
Des accusations contestées par la Ville de Nanterre, qui s’est mobilisée en sa faveur. Dans un communiqué, la municipalité a ainsi « demandé l’abandon de la procédure d’expulsion engagée à l’encontre de Ramy Shaath ». Le maire Raphaël Adam (Divers gauche) ainsi que plusieurs élus ont annoncé leur présence jeudi prochain devant la juridiction afin de soutenir le militant. Sur le réseau social X, l’avocate et élue, Elsa Marcel, a dénoncé un « acharnement hors norme » et appelé à « une campagne de solidarité massive ».
Une enquête ouverte pour apologie du terrorisme après des propos tenus lors d’une manifestation à Paris en novembre 2023 avait néanmoins été classée sans suite en octobre 2024. « Mes prises de position n’ont jamais changé », avait déclaré Ramy Shaath, accusant les autorités françaises de vouloir « le faire taire ».
🚨 Solidarité avec le militant palestinien Ramy #Shaath contre lequel la France a engagé une procédure d’expulsion en raison de ses prises de position et de son engagement en faveur de la #Palestine. Mobilisation le 21 mai à 14h devant le tribunal judiciaire de Nanterre. pic.twitter.com/F16oOkEFGt
— Rima Hassan (@RimaHas) May 19, 2026
Situation familiale
Ramy Shaath explique par ailleurs ne plus parvenir à renouveler son titre de séjour depuis 2023. Installé à Nanterre, le fils de l’ancien chef du gouvernement de l’Autorité palestinienne et négociateur des accords d’Oslo, Nabil Shaath, a fondé une famille avec son épouse Céline Lebrun-Shaath. Le couple a un enfant.
