La Fédération hospitalière de France (FHF) a publié, le 15 avril 2026, de nouveaux chiffres alarmants sur la santé mentale des jeunes. Plus d’un Français sur deux présente aujourd’hui des signes d’anxiété. Mais la situation touche en premier lieu les 18-24 ans, dont 42 % souffrent d’un trouble anxieux généralisé. C’est tout un système de soins qui vacille sous la pression.
Alors que, pour la deuxième année consécutive, la santé mentale a été érigée en Grande cause nationale, la Fédération hospitalière de France (FHF) alerte sur « la dégradation alarmante de la santé mentale des jeunes et des femmes ». Publiés le 15 avril 2026, les résultats de l’enquête FHF-Ipsos témoignent d’une crise qui ne cesse de s’aggraver depuis 2019.
« Nous faisons le lit d’une crise de santé publique sans précédent »
Le constat est sans appel. Les réseaux sociaux et la précarité ne suffisent plus à expliquer la situation. Entre explosion de l’anxiété et hausse des tentatives de suicide, l’étude met en lumière une crise qui touche en priorité les jeunes femmes.
C’est l’indicateur le plus « glaçant » de cette enquête : en cinq ans, les hospitalisations pour tentative de suicide ont augmenté de 16,6 % à l’échelle nationale. Une réalité qui concerne majoritairement les femmes. Chez les adolescentes de 10 à 14 ans, la hausse atteint un niveau particulièrement élevé, avec +118 %.
« À force de détourner le regard de la santé mentale, nous faisons le lit d’une crise de santé publique sans précédent, en particulier au détriment des jeunes et des femmes », prévient Arnaud Robinet, président de la FHF. Aujourd’hui, les femmes représentent 66 % des hospitalisations liées à un passage à l’acte.
📢 📵 / Troubles anxio-dépressifs, cyberharcèlement, altération de l’image de soi : l’utilisation des réseaux sociaux porte atteinte à la santé mentale des ados, et touche plus particulièrement les jeunes filles, alerte l’Agence nationale de sécurité sanitaire (@Anses_fr). pic.twitter.com/7vT8BWt3cD
— Mizane.info (@MizaneInfo) January 14, 2026
Des obstacles majeurs pour accéder aux soins
Près de 80 % des jeunes confrontés à des troubles psychiques rencontrent des obstacles majeurs pour accéder aux soins. Délais d’attente très longs (64 % des cas) ou impossibilité d’obtenir un rendez-vous (52 %) : consulter un psychiatre devient difficile. Plus préoccupant encore, 75 % des 18-24 ans renoncent à consulter par crainte du diagnostic, signe que la stigmatisation des troubles psychiques demeure un frein important.
Avec le suivi de 80 % des patients adultes et de 95 % des enfants et adolescents en psychiatrie, l’hôpital public se trouve en première ligne face à la hausse des besoins, jour et nuit sur l’ensemble du territoire, rappelle la Fédération. La demande de soins en santé mentale continue d’augmenter, accentuant les tensions sur tout le système de santé. Entre 2016 et 2024, le nombre de patients suivis dans les établissements psychiatriques publics a ainsi augmenté de 200 000 personnes supplémentaires.
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« Ne laissons pas notre jeunesse sombrer dans une souffrance silencieuse »
La FHF, qui représente environ un millier d’hôpitaux publics en France, réclame « une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie », « dotée d’un plan pluriannuel dédié » afin de « soutenir les centres médico-psychologiques » et de « lutter contre la crise des vocations en psychiatrie, notamment en pédopsychiatrie ».
« La situation est grave. Ne laissons pas notre jeunesse, en particulier les jeunes filles, sombrer dans une souffrance silencieuse », conclut Arnaud Robinet.
