« Face à Israël, il est inacceptable que l’Europe reste divisée et en retrait », alertent, dans une tribune publiée ce mercredi, plus de 350 anciens ministres et diplomates européens. Les signataires appellent à la suspension de l’accord d’association UE-Israël face aux violations systématiques des droits humains des Palestiniens.
Dans une tribune collective publiée ce mercredi, plus de 350 anciens ministres, ambassadeurs et hauts fonctionnaires de l’Union européenne appellent à la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, dénonçant une politique d’« asservissement » et d’« occupation illégale » des territoires palestiniens.
Le gouvernement israélien viole les principes fondamentaux de l’UE
« Le respect du droit international est primordial : les traités de l’UE stipulent que l’action de l’UE […] doit être guidée par la promotion de la démocratie, de l’État de droit […] et du respect de la dignité humaine […]. Le gouvernement israélien actuel viole ces principes fondamentaux de l’UE à l’égard des Palestiniens, dont il reste légalement et moralement responsable en tant que puissance occupante », peut-on lire dans cette lettre ouverte.
Pour les signataires, dont Josep Borrell, ancien président du Parlement européen,, « ce comportement constitue une violation de l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël, qui stipule que les relations entre les parties […] doivent être fondées sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques […] ».
🇵🇸 En 3 mois nous avons recueilli le million de signatures nécessaires pour contraindre la commission à agir sur la suspension de l’accord UE-Israel ! C’est historique ! pic.twitter.com/3sjjysDIZ9
— Rima Hassan (@RimaHas) April 13, 2026
Une Europe divisée et sans influence
« L’UE aurait dû agir depuis longtemps : le fait que l’UE n’ait pas réussi […] à adopter […] des mesures contre le comportement d’Israël à Gaza est perçu […] comme une politique de deux poids deux mesures », dénoncent-ils, en rappelant que des sanctions ont été prises rapidement contre la Russie, alors qu’aucune mesure « n’est prise en réponse aux actions du gouvernement israélien en Palestine et au-delà ». « Il est inacceptable que […] l’UE reste divisée et en retrait, sans exercer l’influence qu’elle devrait », alerte encore la tribune collective.
Lire sur le sujet : Une pétition européenne contre l’accord UE-Israël proche du million de signatures
Les signataires appellent ainsi les dirigeants européens à « prendre des mesures visant à suspendre tout ou partie de l’accord d’association UE-Israël ; interdire le commerce avec les colonies illégales ; mettre fin au commerce de matériel militaire […] ; suspendre la participation d’Israël aux programmes de l’UE, d’étendre la liste des personnes sanctionnées et des interdictions de visa à toutes celles impliquées dans la répression des Palestiniens et les violations du droit international […] ».
En parallèle, l’initiative citoyenne européenne demandant la suspension de cet accord, soutenue par l’Alliance de la gauche européenne, a franchi mardi le cap du million de signatures dans au moins sept États membres. Elle vise désormais à obtenir une réponse officielle de la Commission européenne, sans que celle-ci soit tenue d’y donner suite.
La liste des signataires est à consulter ici.
