Un rapport d’Amnesty International, publié mercredi, met en cause le rôle actif d’Israël dans l’escalade des violences commises par des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée. L’ONG accuse les autorités israéliennes de participer à un « nettoyage ethnique des Palestiniens de Cisjordanie ».
Le gouvernement israélien poursuit une politique de colonisation généralisée à l’encontre des Palestiniens de Cisjordanie, confirme un nouveau rapport d’Amnesty International. Présenté mercredi 10 juin à Berlin, ce document de plus de 150 pages analyse la manière dont les institutions israéliennes — ministères, armée, police et agences publiques — soutiennent une politique visant à déplacer les Palestiniens de certaines parties de la Cisjordanie.
L’impunité des colons « est inhérente au système israélien »
Après l’ONU, Amnesty International dénonce à son tour un « nettoyage ethnique des Palestiniens de Cisjordanie par Israël ». Selon l’organisation, les colons israéliens, souvent décrits comme des éléments extrémistes isolés, participent en réalité à une stratégie plus large destinée à vider progressivement la zone C de sa population palestinienne en vue de son annexion.
« L’incapacité d’Israël à mettre fin à la violence des colons n’est pas un dysfonctionnement […]. Elle est inhérente au système israélien », explique Budour Hassan, l’une des autrices du rapport.
Amnesty International formally concludes Israel is executing a deliberate state policy of ethnic cleansing
——
A thorough report by Amnesty International published on 10 June asserts that the Israeli government is executing an ethnic cleansing campaign in Area C of the occupied… pic.twitter.com/dolXFHjVD8— The Cradle (@TheCradleMedia) June 12, 2026
Le nettoyage ethnique de la Zone C
Pour comprendre cette analyse, Amnesty revient sur les accords d’Oslo signés en 1993. Présentés à l’époque comme une étape vers l’autodétermination palestinienne, ils ont conduit à un découpage de la Cisjordanie en trois zones administratives distinctes.
La zone A, qui comprend principalement les grandes villes palestiniennes, relève du contrôle civil et sécuritaire de l’Autorité palestinienne. Dans la zone B, l’Autorité palestinienne gère les affaires civiles tandis que la sécurité reste sous supervision israélienne. Quant à la zone C, qui représente environ 60 % de la Cisjordanie, elle demeure entièrement sous contrôle israélien.
Cette zone regroupe une grande partie des terres agricoles, des ressources naturelles et des communautés bédouines vivant principalement de l’élevage. C’est également là que se développent continuellement de nouvelles colonies israéliennes. L’enquête d’Amnesty, souligne l’organisation, « démontre que la campagne de nettoyage ethnique menée dans la zone C est sanctionnée, dirigée et mise en œuvre par l’État ».
Lire sur le sujet : Cisjordanie : l’ONU accuse Israël de couvrir les attaques de colons
Israël facilite de déplacement forcé des Palestiniens
Selon le rapport, les Palestiniens vivant dans cette zone ont déjà été déplacés de force ou sont exposés à un risque imminent d’expulsion si cette politique se poursuit. Amnesty décrit ainsi un système de soutien institutionnel qui accompagne et facilite cette dynamique de déplacement de population.
