Fouilles, visas refusés, membres d’encadrements sportifs refoulés… À la veille de l’ouverture de la compétition du Mondial de football 2026, la tension monte aux États-Unis en raison d’une politique migratoire jugée excessive et incohérente.
À la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, prévu jeudi 11 juin, la politique migratoire américaine perturbe déjà plusieurs délégations. Arbitre somalien refoulé, supporters iraniens potentiellement privés de billets, tensions diplomatiques avec certaines sélections africaines : une série d’incidents vient assombrir les préparatifs du tournoi. Une situation embarrassante pour la FIFA, qui assiste impuissante à la multiplication de ces incidents.
« Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays »
L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan a ainsi été refoulé samedi à son arrivée à Miami, en Floride, après un interrogatoire de onze heures mené par la police des frontières américaine. Contraint de reprendre un vol vers Istanbul, d’où il était parti, il ne pourra finalement pas participer à la compétition.
« J’avais les bons papiers et le bon visa », a-t-il pourtant assuré dans une interview au New York Times. « Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays », a-t-il ajouté. Donald Trump a déjà déclaré considérer que la Somalie n’est « même pas un pays », tandis que les ressortissants somaliens sont soumis à une interdiction de voyage vers les États-Unis.
La pire Coupe du Monde 2026 aux États-Unis commence demain.
Petite liste de ce qui rend déjà cette édition mémorable :
· Visas refusés pour la délégation iranienne.
· Camp de base iranien délocalisé… au Mexique (parce que les États-Unis ne voulaient pas d’eux sur leur sol).… pic.twitter.com/FSo3x0Gf3l
— 𝕋o𝕄y 𝕃e 𝕄a𝕘n𝕚f𝕚q𝕦e (@MagnifiqueTomy) June 10, 2026
Contrôles excessifs et interrogatoires interminables
De son côté, l’attaquant vedette de l’Irak, Aymen Hussein, a été retenu près de sept heures samedi dernier à l’aéroport de Chicago. Plusieurs médias arabes ont dénoncé un interrogatoire conduit « comme s’il était un terroriste ». Le joueur a finalement été autorisé à entrer dans le pays. En revanche, le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s’est vu refuser l’entrée malgré un visa valide.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs images montrant la sélection du Sénégal soumise à des contrôles ont largement circulé. À leur arrivée en Caroline du Nord, les joueurs ont été inspectés directement sur le tarmac par le Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.
D’autres vidéos ont montré la délégation de l’Ouzbékistan fouillée dès sa descente du bus avant son match amical contre les Pays-Bas, lundi, à l’Icahn Stadium de New York. « Les autorités locales ont déployé des chiens renifleurs et des détecteurs de métaux pour inspecter minutieusement l’équipe », rapporte RMC Sport.
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La FIFA impuissante
La Fédération iranienne de football a accusé mardi 9 juin les États-Unis de lui avoir retiré son quota de billets pour le Mondial. L’Iran doit disputer ses deux premiers matchs à Los Angeles les 15 et 26 juin. Par ailleurs, si les joueurs et les membres du staff ont obtenu leurs visas, plusieurs accompagnants ont essuyé un refus, parmi lesquels le président de la fédération, Mehdi Taj.
L’inquiétude grandit également parmi les travailleurs dont l’activité dépend directement du Mondial 2026. « Les caissiers, plongeurs, cuisiniers, barmans, employés des concessions et serveurs de restauration du stade pourraient se mettre en grève à tout moment », rapporte le Guardian. Ils réclament des hausses de salaire, mais aussi davantage de protections face aux opérations de la police de l’immigration (ICE).
Autant de dossiers sensibles auxquels devra répondre le président de la FIFA, Gianni Infantino, lors de sa conférence de presse prévue mercredi, à la veille de l’ouverture du Mondial. La FIFA a rappelé dans un communiqué qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».
