Malgré l’annonce mercredi soir à Washington d’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, conditionné un « arrêt complet » des répliques du Hezbollah, les frappes israéliennes se poursuivent dans le sud du Liban. Une annonce qui, pour l’heure, reste sans effet concret sur le terrain.
À l’issue de deux jours de discussions à Washington, les représentants israéliens et libanais ont annoncé un accord de trêve conditionnelle, subordonné à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah et au retrait de ses combattants de la zone située au sud du fleuve Litani. Cet accord, jugé partiel et précaire, suscite déjà des critiques aussi bien au Liban qu’en Israël.
Un accord partiel en faveur d’Israël
La 4e session de négociations entre les deux parties, tenue le 3 juin à Washington, a débouché sur l’annonce d’un cessez-le-feu conditionné à « l’arrêt complet des tirs du Hezbollah » ainsi qu’à « l’évacuation » de ses membres du secteur au sud du Litani. Le texte prévoit également la création de « zones pilotes » placées sous le contrôle de l’armée libanaise.
En cas de retrait du Hezbollah, ces zones seraient administrées par l’armée libanaise avec un soutien financier des États-Unis.
Selon les autorités libanaises, le Hezbollah avait accepté lundi une proposition américaine prévoyant qu’Israël cesse de frapper la banlieue sud de Beyrouth en échange d’un arrêt des répliques du mouvement. Toutefois, dès le lendemain, un haut responsable du Hezbollah a affirmé que son organisation n’accepterait aucun « cessez-le-feu partiel ».
Israël et le Liban déclarent s'être accordés sur "la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", notamment subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah" dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 juin, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington menées sous l'égide des… pic.twitter.com/ADjm3INFFC
— franceinfo (@franceinfo) June 4, 2026
Le secrétaire du Hezbollah va s’exprimer
Le mouvement libanais n’a pas encore officiellement réagi à l’accord. En revanche, le média Al-Manar, qui lui est proche, estime que c’est « avec une impudence totale que les autorités de tutelle au Liban ont consenti à la poursuite d’une occupation sans horizon temporel et à un arrêt non définitif des combats. Elles ont accepté les exigences israélo-américaines de dissocier le dossier libanais du dossier iranien, ont fait porter à la Résistance la responsabilité de la poursuite de la guerre ».
Le média indique qu’un discours du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, est attendu dans la journée pour préciser la position du mouvement.
L’autorité libanaise a fait une déclaration conjointe avec Israël annonçant désormais que le Hezbollah est un ennemi de l’état libanais.
— InfoSudLiban (@InfoSudLiban) June 3, 2026
« Le cessez-le-feu avec le Liban est une grave erreur »
Côté israélien, l’accord est présenté comme une simple « déclaration de principes ». Le ministre de la Défense, Israël Katz, a précisé « que l’armée, à ce stade, poursuive ses tirs et ses opérations sur le terrain » dans le sud du Liban. L’accord prévoit également « la liberté d’action pour Israël, avec l’aval des États-Unis, de frapper Beyrouth en réponse à des tirs sur les localités et le territoire israéliens », a ajouté le ministre.
Le ministrei sraélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, est également critique sur cette annonce de trêve et indique : « Le cessez-le-feu avec le Liban est une grave erreur et une illusion de conseillers qui entraînent le premier ministre [Benyamin Nétanyahou] vers de mauvaises décisions ».
Israeli National Security Minister Ben-Gvir:
A ceasefire in Lebanon is a fantasy. Hezbollah will not withdraw north of the Litani River.
Hezbollah has grown stronger and stronger.
Under these circumstances, Netanyahu should have said to Trump, "Mr. President, we love you,… pic.twitter.com/J5XlimJAKN
— Clash Report (@clashreport) June 4, 2026
Israël poursuit ses frappes au Liban
Sur le terrain, les violences se poursuivent. Ce jeudi, l’armée israélienne menait encore des raids dans le sud du Liban et maintenait son droit revendiqué de frapper Beyrouth. Elle a notamment renouvelé son ordre d’évacuation visant l’ensemble de la zone située au sud du fleuve Litani, à environ 40 kilomètres de la frontière.
Pour rappel, un cessez-le-feu est officiellement en vigueur entre Israël et le Liban depuis la mi-avril, mais celui-ci a été à plusieurs reprises violé par les autorités israéliennes. Depuis le 2 mars, les frappes de Tsahal ont fait 3 516 morts libanais et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes au Liban. Côté israélien, 26 soldats ont été tués dans les affrontements avec le Hezbollah.
