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Tunisie : Rached Ghannouchi condamné à la prison à vie

ghannouchi

Figure majeure de l’opposition tunisienne et président du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi, âgé de 84 ans, a été condamné mardi à la réclusion à perpétuité, assortie de trente années de prison supplémentaires, pour des accusations de « terrorisme », selon son parti et plusieurs médias tunisiens.

Les condamnations judiciaires visant les dirigeants du parti Ennahdha se multiplient. Son président, Rached Ghannouchi, déjà emprisonné depuis plusieurs années, a été condamné mardi 2 juin à la réclusion à perpétuité dans une affaire liée à l’existence présumée d’un « appareil sécuritaire secret » au profit de la formation politique qui a dominé la vie politique tunisienne après 2011.

Plusieurs figures d’Ennahdha condamnées

Âgé de 84 ans, Rached Ghannouchi avait été arrêté en 2023. Avant ce nouveau jugement, il avait déjà écopé de plusieurs peines totalisant plus de quarante années de prison, notamment pour « complot contre la sûreté de l’Etat ». Réagissant à cette nouvelle condamnation, il a estimé que son procès « manquait des conditions de justice les plus élémentaires ».

D’autres figures d’Ennahdha ont également été condamnées dans cette affaire. Elles étaient poursuivies pour leur implication présumée dans la mise en place d’un « appareil sécuritaire secret » lié au parti. L’ancien Premier ministre tunisien, Ali Larayedh, détenu depuis 2022, a quant à lui été condamné à quarante-deux ans de prison.

Dégradation des libertés publiques en Tunisie

Selon une source judiciaire citée par l’agence officielle TAP, le tribunal a reconnu les accusés coupables de « formation d’une organisation terroriste, d’adhésion délibérée à une organisation terroriste opérant sur le territoire de la République, de fourniture de compétences et d’expertise à une organisation terroriste et à des individus liés à des crimes terroristes, ainsi que d’autres infractions liées au terrorisme stipulées en vertu de la loi antiterroriste ».

Depuis la prise de pouvoir du président Kaïs Saïed le 25 juillet 2021, date à laquelle il s’est attribué des pouvoirs élargis, de nombreuses voix au sein de l’opposition et de la société civile dénoncent une dégradation des libertés publiques dans le pays qui avait été à l’origine des « printemps arabes » en 2011.

Lire sur le sujet : Tunisie – Ghannouchi, chef d’Ennahda, arrêté à son domicile

Deux journalistes incarcérés en mai

Le 12 mai dernier, la cour d’appel de Tunis a notamment confirmé la condamnation à trois ans et demi de prison de deux journalistes connus, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, dans une affaire que l’ONG Reporters sans frontières a qualifiée de « harcèlement judiciaire ».

Les deux chroniqueurs avaient été arrêtés en mai 2024 à la suite de déclarations diffusées à la radio et à la télévision, jugées critiques envers le président Saïed. Selon une source citée par Arabi21, l’ensemble des condamnations prononcées contre Rached Ghannouchi atteindrait désormais 106 ans de prison, auxquels s’ajoute une peine de réclusion à perpétuité.

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