La France a choisi de limiter la participation des exposants israéliens, à l’édition 2026 du salon international de la défense et de la sécurité Eurosatory, en interdisant la présentation d’armes offensives. Une décision vivement critiquée par le ministère israélien de la Défense, qui a dénoncé « une décision honteuse, qui sent le calcul politique ».
La France a décidé d’interdire l’exposition d’armements offensifs israéliens lors du salon international de la défense et de la sécurité Eurosatory, qui se déroulera du 15 au 19 juin au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte, ont indiqué les organisateurs ce lundi.
« C’est un choix du gouvernement français »
« Sont autorisés uniquement les exposants israéliens qui présenteront des systèmes de défense antibalistique et antiaérienne », a déclaré lundi le président de COGES Events, Charles Beaudouin. « C’est un choix du gouvernement français, du Conseil de défense. Et, à titre personnel, je trouve que ça a le mérite d’être clair. (…) Il n’y a pas d’ambiguïté possible : si un exposant est aussi fabricant de roquettes, il ne pourra pas les montrer. Cela évite toute arme offensive », a-t-il ajouté.
Du côté israélien, la mesure a été vivement critiquée. Le ministère de la Défense a regretté être « dans l’incapacité de participer au salon ou d’installer un pavillon national ». Il a dénoncé « une décision honteuse, qui sent le calcul politique et commercial, et de manière regrettable, elle ne constitue pas une surprise. Elle s’inscrit dans une tendance profondément inquiétante du comportement français ces dernières années ».
🇫🇷🇮🇱 FLASH | La France INTERDIT les armes offensives israéliennes au salon Eurosatory. Seules leurs armes antiaériennes seront autorisées. pic.twitter.com/CaR0f4FhdT
— Cerfia (@CerfiaFR) June 2, 2026
Des restrictions aux salons d’armements depuis 2023
Les relations entre Paris et Tel-Aviv se sont tendues depuis la fin de l’année 2023, la France ayant exprimé à plusieurs reprises ses critiques à l’égard des opérations militaires israéliennes à Gaza et au Liban. Comme l’a rappelé RTL, les entreprises israéliennes du secteur de l’armement avaient déjà été exclues de l’édition 2024 de ce salon organisé tous les deux ans.
À l’époque, le ministère des Armées avait estimé que « les conditions ne sont plus réunies pour recevoir les entreprises israéliennes sur le salon », dans le contexte du génocide à Gaza. Cette décision avait toutefois été suspendue par le tribunal de commerce de Paris, qui avait jugé que l’interdiction faite aux sociétés israéliennes de participer à l’événement était « discriminatoire ».
Par ailleurs, lors du Salon du Bourget 2025, Rafael et plusieurs autres industriels israéliens de l’armement n’avaient pas été autorisés à exposer après avoir refusé de retirer des équipements offensifs de leurs stands. L’édition 2026 d’Eurosatory, l’un des plus importants rendez-vous mondiaux de l’industrie de l’armement, doit accueillir plus de 2 600 exposants à partir du 15 juin.
