Ils ont avoir vécu l’enfer du système carcéral israélien. Interceptés lundi par Israël au large de Chypre, à bord des navires de la flottille Global Sumud, plusieurs membres – parmi les 480 militants de différentes nationalités – déclarent avoir subi humiliations et violences durant les deux jours passés en détention sur le sol israélien.
Libérés jeudi 21 mai par Israël après deux jours de détention, les 480 membres engagés sur la flottille Sumud, en soutien à Gaza, regagnent progressivement leurs pays d’origine. Plusieurs militants italiens, français, belges et turcs ont dénoncé les violences et sévices subis de la part des autorités israéliennes.
Violences sexuelles et tortures
Ce jeudi, Israël a confirmé avoir expulsé l’ensemble des militants, sans préciser si certains avaient fait l’objet de poursuites judiciaires. Parmi eux, 37 ressortissants français ont été renvoyés. Les militants sont arrivés à l’aéroport international d’Istanbul, où la Turquie a organisé des vols spéciaux pour évacuer 422 personnes, dont 85 citoyens turcs, tout en mobilisant médecins et ambulances.
Parmi les premiers activistes à être rentrés dans leur pays, Dario Carotenuto, député du Mouvement 5 Étoiles, a rapidement témoigné auprès de la presse italienne des moments « tout simplement horribles » vécus avec les autres militants. Il évoque notamment des « violences sexuelles » et des « actes de torture », affirmant que plusieurs personnes ont subi des « fractures », des « lésions internes » et des « traumatismes crâniens ».
Après avoir été séparé des autres membres de la flottille, il raconte avoir été « gardé pendant six heures dans une pièce où l’air conditionné était réglé à 17 degrés et soufflait directement sur mon visage, assis sur une chaise ».
Signs of torture and brutal treatment appear on the body of an international activist from the Global Sumud Flotilla who was recently abducted and abused by Israeli forces. pic.twitter.com/Sqsa4b0aqY
— Quds News Network (@QudsNen) May 22, 2026
« Bienvenue en Israël ! »
À ses côtés pendant la détention, le journaliste italien Alessandro Mantovani a lui aussi dénoncé des violences, affirmant avoir reçu « des coups de pied dans le dos » tandis que « d’autres ont été battus bien plus violemment », selon le quotidien italien La Repubblica. « Il y avait ce conteneur sombre, et dès qu’on y entrait, on tombait sur trois brutes qui nous tabassaient sauvagement. J’ai reçu un coup à l’œil. J’ai cru que j’allais devenir aveugle. Ils me donnaient des coups de pied, ils avaient des tasers. Ils nous battaient en criant : “Bienvenue en Israël !” ».
Julien Cabral, citoyen belge de 57 ans présent à bord d’un petit voilier parti de Turquie avec six autres personnes, a également témoigné des violences subies lors de l’assaut israélien. Il apparaît avec un œil tuméfié, une plaie à la tempe gauche et une blessure à l’omoplate. « J’étais le second sur le bateau. Notre capitaine, un Italien, était encore debout et ils l’ont directement visé. J’ai pris un coup de poing sur la tempe gauche », raconte-t-il.
« Puis ils nous ont transférés, toujours avec violence, les mains serrées par des colliers en plastique sur ce navire-prison », poursuit-il. Julien Cabral affirme également qu’« à bord du bateau le “Sirius”, sept personnes à elles seules totalisent 35 fractures ».
Débarqués mercredi puis placés dans une prison israélienne près d’Ashdod, les militants auraient continué à subir violences et humiliations. « Ça continuait à donner des claques, à insulter… Des gens riaient avec eux, jouaient l’hymne israélien. Ils étaient particulièrement durs avec les Jordaniens, les Tunisiens », explique-t-il.
Gregory Terry from the Global Sumud Flotilla says he experienced relentlessly vindictive and cruel treatment during his detention in Israel, adding that his experience was deeply distressing and abusive. pic.twitter.com/82yAq8G2JM
— Quds News Network (@QudsNen) May 22, 2026
« C’est sans importance [comparé] à ce que vivent les Palestiniens »
Un autre membre de la flottille, Bilal Kitay, originaire de Bingöl en Turquie, affirme que cette interception israélienne a été « beaucoup, beaucoup plus violente que la précédente ». « Ils nous ont attaqués, chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n’a aucune importance. C’est ce que vivent en permanence les Palestiniens », déclare-t-il.
« Malheureusement, ils traitent mieux leurs animaux. Eux seuls se considèrent comme des humains », ajoute-t-il, affirmant vouloir repartir avec le prochain convoi humanitaire. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé jeudi avoir demandé à l’Union européenne d’imposer des sanctions contre Itamar Ben-Gvir en raison du traitement infligé aux militants de la flottille Sumud, selon l’agence Anadolu Agency.
