Après des mois de blocage, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont accordés, ce lundi, pour sanctionner sept colons israéliens ainsi que leurs organisations de promotion de la colonisation. Une initiative jugée limitée, les États membres ne parvenant toujours pas à s’entendre sur une suspension de l’accord d’association avec Israël.
Le veto hongrois empêchait jusqu’à présent l’Union européenne d’adopter des mesures contre les dirigeants d’organisations soutenant la colonisation de la Cisjordanie occupée. Ce lundi, les Vingt-Sept ont finalement donné leur accord à des gels d’avoirs ainsi qu’à des interdictions d’entrée sur le territoire européen.
Une pression coloniale quotidienne en Cisjordanie
Les violences commises par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée se multiplient désormais presque quotidiennement. Un phénomène ancien, mais qui s’est fortement aggravé depuis le 7 octobre 2023, puis davantage encore après le 28 février et l’agression américano-israélienne contre l’Iran.
« Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne viennent de donner leur feu vert pour sanctionner les colons israéliens coupables de violences contre les Palestiniens », s’est félicitée sur X, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Sept colons extrémistes ou organisations liées à la colonisation seront visés par ces sanctions, comprenant un gel des avoirs au sein de l’Union européenne et une interdiction d’accès au territoire européen. Une validation officielle des 27 États membres reste toutefois nécessaire avant leur entrée en vigueur. Les noms des personnes et organisations concernées seront publiés au Journal officiel de l’UE dans les prochaines semaines.
🇪🇺: L'Union européenne a imposé des sanctions contre des organisations et des colons israéliens en Cisjordanie occupée, incluant le gel des actifs financiers et des interdictions de séjour au sein de l'UE. #Europe #Israel #Palestine pic.twitter.com/tgLnhULJnP
— Infos Minutes (@InfosMinutesFR) May 11, 2026
Israël assume et rejette les sanctions de l’UE
Selon le quotidien israélien Haaretz, les sanctions concerneraient notamment Amana, principal promoteur de colonies en Cisjordanie, le mouvement de colons Nachala et sa présidente Daniella Weiss, l’organisation Hashomer Yosh et son ancien dirigeant Avichai Suissa, ainsi que le groupe d’extrême droite Regavim et son directeur Meir Deutsch.
Israël a rejeté ces sanctions, qualifiées d’« arbitraires » et de « politiques » par Gideon Saar. « Israël a soutenu, soutient et continuera de soutenir le droit des Juifs à s’installer au cœur de notre patrie », a-t-il affirmé sur X, estimant que ces sanctions étaient « sans aucun fondement ».
« Alors qu’Israël et les Etats-Unis font le “sale boulot de l’Europe” en se battant pour la civilisation contre les fanatiques djihadistes en Iran et ailleurs, l’Union européenne a révélé sa faillite morale en établissant un faux parallélisme entre les citoyens israéliens et les terroristes du Hamas », a déclaré, selon un communiqué de son bureau, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
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Des cadres du Hamas également ciblés
Début mai, au moins 1 069 Palestiniens avaient été tués par des soldats ou des colons israéliens depuis le début du génocide à Gaza. Environ 500 000 Israéliens vivent actuellement dans des colonies en Cisjordanie, au milieu de trois millions de Palestiniens. Plus de 100 nouvelles colonies ont été approuvées depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Netanyahou en 2022.
Outre les colons israéliens, les ministres européens des Affaires étrangères ont également approuvé de nouvelles sanctions « contre des figures de premier plan du Hamas », a précisé Kaja Kallas.
