16 familles françaises ont porté plainte contre TikTok après le suicide de cinq adolescentes. Elles reprochent à la plateforme d’exposer des mineurs à des contenus jugés nocifs et addictifs, susceptibles d’aggraver leur mal-être psychologique. Les familles sont réunies au sein du collectif « Algos Victima ».
Seize familles, soit trente-neuf plaignants, ont porté plainte contre TikTok pour abus de faiblesse. Elles accusent la plateforme d’exploiter la vulnérabilité de leurs enfants en favorisant des contenus liés à l’anorexie et au suicide, selon des informations révélées lundi par Franceinfo.
En cause : l’algorithme de TikTok
Cinq des familles plaignantes ont perdu leurs filles, qui ont mis fin à leurs jours. Les autres se mobilisent pour onze enfants souffrant d’anorexie, de dépression ou d’idées suicidaires. Toutes sont réunies au sein du collectif « Algos Victima ».
Alors qu’une enquête pénale est ouverte depuis octobre 2025 pour « promotion du suicide » après un signalement du député socialiste Arthur Delaporte, cette plainte vise une nouvelle fois l’algorithme de TikTok, accusé de continuer à proposer aux adolescents des contenus valorisant l’anorexie, l’automutilation ou le suicide.
🇫🇷🇨🇳📱 FLASH | « Je voyais la mort planer au-dessus de ma fille. » Seize familles portent PLAINTE contre TIKTOK pour « abus de faiblesse ».
Elles accusent la plateforme d’exploiter la vulnérabilité des mineurs via son algorithme, poussant certains adolescents jusqu’à… pic.twitter.com/E7WeTvzfOi
— Cerfia (@CerfiaFR) May 11, 2026
« TikTok fabrique des prisons mentales pour adolescents »
La fondatrice du collectif et avocate des familles, Laure Boutron-Marmion, dénonce un système conçu pour exploiter la fragilité des adolescents. « Nous avons une machine conçue, développée pour exploiter cette vulnérabilité. TikTok fabrique des prisons mentales pour adolescents, des prisons de mal-être », a-t-elle déclaré.
Selon l’avocate, cette action judiciaire vise à établir la responsabilité de la plateforme dans la diffusion de contenus susceptibles d’encourager l’isolement, la détresse psychologique et des comportements à risque chez les jeunes utilisateurs. « TikTok fabrique aujourd’hui des prisons mentales pour adolescents », affirme-t-elle également.
Estimant que les entreprises développant des algorithmes ne peuvent être exemptées de toute responsabilité, Laure Boutron-Marmion rappelle que les familles souhaitent aussi interpeller les responsables politiques afin de promouvoir une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
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Les réseaux sociaux interdit aux mineurs pour la rentrée ?
De son côté, TikTok, qui n’a pas souhaité réagir au dépôt de cette plainte collective, affirme avoir pris des mesures pour protéger la santé mentale des adolescents utilisant sa plateforme. Le réseau social indique avoir mis en place « plus de 50 fonctionnalités et paramètres spécialement conçus pour assurer la sécurité et le bien-être des adolescents » et assure « investir massivement dans des expériences sûres et adaptées à l’âge des adolescents ».
En France, un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans est actuellement en cours d’adoption. Le texte doit encore faire l’objet de débats parlementaires et obtenir l’aval de Union européenne avant une éventuelle entrée en vigueur à la rentrée de septembre, comme le souhaite Emmanuel Macron.
