Les organisateurs de la nouvelle flottille « Sumud », qui cherche à briser le blocus de Gaza, ont déclaré ce jeudi 30 avril que leurs bateaux avaient été interceptés par la marine israélienne dans les eaux internationales. Les autorités israéliennes ont confirmé l’interpellation, au large de la Grèce, de près de 175 militants participant à cette flottille.
« Des navires militaires israéliens ont illégalement encerclé la flottille dans les eaux internationales et ont lancé des menaces d’enlèvement et de recours à la violence », a déclaré dans un communiqué publié dans la nuit la Global Sumud Flotilla. Près de 175 militants de la « flottille pour Gaza » ont été arrêtés par l’armée israélienne au large de la Grèce, a confirmé jeudi le ministère des Affaires étrangères israélien.
22 bateaux sur 58 interceptés au large de la Grèce
Les organisateurs de cette nouvelle flottille de militants pro-palestiniens, souhaitant briser le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza, ont annoncé dans la nuit que leurs bateaux étaient encerclés par des navires militaires israéliens alors qu’ils se trouvaient au large de la Crète, en Grèce. « A l’heure où nous publions ce communiqué (06H30 heure de Paris), au moins 22 des 58 bateaux de la flottille ont été pris d’assaut par les forces israéliennes en totale violation du droit international ».
Cette flottille est composée de plus de 50 bateaux partis ces dernières semaines de Marseille, en France, de Barcelone, en Espagne, et de Syracuse, en Italie. Selon l’organisation, des ressortissants français figurent parmi les personnes arrêtées.
« Nos bateaux ont été abordés par des vedettes militaires qui se sont identifiées comme d’Israël », ont-ils écrit sur X, ajoutant que les forces israéliennes avaient « pointé des lasers et des armes d’assaut semi-automatiques » et « ordonné aux participants de se rassembler à l’avant des bateaux et de se mettre à quatre pattes ».
Au milieu de la nuit, la flottille humanitaire pour Gaza a été violemment attaquée par l'armée israélienne.
De nombreux participants ont été kidnappés, au large de la Grèce, dans les eaux internationales.
C'est un acte de piraterie inadmissible, contraire au droit… pic.twitter.com/pa5xPJ0CpC
— Clémence Guetté (@Clemence_Guette) April 30, 2026
« Il s’agit d’actes de piraterie et de kidnappings »
De son côté, le ministère des Affaires étrangères israélien a annoncé que la marine israélienne avait intercepté « environ 175 militants provenant de plus de 20 bateaux » de la flottille. Ceux-ci « font actuellement route de façon pacifique vers Israël », a fait savoir le ministère sur X, en diffusant une vidéo montrant selon lui « les militants en train de s’amuser à bord de navires israéliens ».
Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a appelé jeudi à la libération des personnes détenues par l’armée israélienne après l’arraisonnement de la flottille, dont une élue de son parti, Raphaëlle Primet. « J’ai demandé au ministre des affaires étrangères [Jean-Noël Barrot] d’intervenir immédiatement pour leur libération », a-t-il déclaré, estimant que les équipages avaient été « kidnappés ».
« Il s’agit d’actes de piraterie et de kidnappings visant des actions pacifiques et de nouvelles violations graves du droit international », a également dénoncé sur X le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard.
Lire sur le sujet : Une nouvelle flottille humanitaire en route vers Gaza depuis Barcelone
Réaction de l’Espagne et de la Turquie
Les ministres des Affaires étrangères de la Turquie et de l’Espagne se sont entretenus par téléphone tôt jeudi, soulignant « la nécessité d’une position internationale unifiée » face à l’intervention israélienne contre une flottille humanitaire à destination de Gaza, selon le ministère turc des Affaires étrangères.
Deux précédentes flottilles internationales de militants souhaitant percer le blocus de Gaza avaient déjà été interceptées par la marine israélienne au large des côtes de l’Égypte et de la bande de Gaza à l’été et à l’automne 2025. L’arraisonnement des bateaux par les forces israéliennes avait été qualifié d’illégal par les organisateurs et par Amnesty International, suscitant des condamnations internationales.
