Amnesty International a publié, ce mardi, son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde en 2025. L’ONG dénonce la multiplication des attaques contre la société civile, l’impuissance du droit international et l’instauration d’un ordre mondial belliqueux.
Dans son rapport annuel, l’ONG alerte sur les attaques répétées tout au long de l’année 2025 contre le multilatéralisme, le droit international et les droits humains. « L’humanité est attaquée », a déclaré la secrétaire générale de l’organisation de défense des droits humains, Agnès Callamard, lors d’une conférence de presse à Londres et en ligne, lundi 20 avril.
Une sombre photographie du monde
Sur 500 pages, Amnesty International dresse une sombre photographie du monde : « génocide et crimes contre l’humanité à Gaza », « crimes contre l’humanité » en Ukraine, homicides extrajudiciaires commis par les États-Unis hors de leurs frontières, et attaques contre le Venezuela et l’Iran.
En toile de fond, Amnesty relève également des atrocités continues en Birmanie, en République démocratique du Congo et au Soudan. Et 2026 s’annonce sous de mauvais auspices : le Liban est en partie menacé d’annexion, tandis que les civils iraniens tentent de survivre sous les bombes américaines et israéliennes.
Le multilatéralisme et le droit international sont attaqués de toutes parts par « l’ordre mondial des carnassiers », écrit Agnès Callamard dans la préface de ce rapport. Cet ordre mondial qui voudrait s’imposer « ne s’appuie pas sur les principes de notre humanité commune, mais sur la suprématie du commerce et l’hégémonie de la technologie ».
Cette nuit, on a réalisé des projections sur 3 lieux symboliques à Paris.
Car aujourd’hui, on publie notre rapport sur l’état des droits humains dans le monde en 2025/26.
Le constat : l’inaction des gouvernements tue.
Aux gouvernements : des règles existent,
RESPECTEZ-LES ! pic.twitter.com/kt7lPeRyou— amnestyfrance (@amnestyfrance) April 21, 2026
« L’ère des prédateurs »
Amnesty International dénonce « l’ère des prédateurs », mais aussi « l’ère des lâches ». Répression, déshumanisation, crimes de haine, instrumentalisation du droit sont les principes de ce monde de « prédateurs », qui « affirment maintenant que les mécanismes destinés à assurer la paix et la sécurité ne fonctionnent pas », écrit Amnesty, et cherchent à les remplacer en créant « des structures à leur service », comme le Conseil de la paix de Donald Trump à Gaza.
Attaques contre la Cour pénale internationale (CPI), dont onze magistrats sont sous sanctions américaines, retrait des conventions, abandon des organes des Nations unies, paralysie de son Conseil de sécurité par l’usage abusif du droit de veto par les grandes puissances. Pour Amnesty, « les pare-feux se sont effondrés les uns après les autres, à mesure que s’accumulaient les complicités et les silences coupables concernant des actes de génocide et des crimes contre l’humanité ».
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La guerre remplace la diplomatie
Dans le monde des « prédateurs », dit Amnesty, « la volonté de réparer les injustices passées est tournée en dérision, [et] la guerre remplace la diplomatie ». Le droit international a créé un monde « meilleur », selon Amnesty, qui rejette l’idée répandue selon laquelle il serait moribond. Ceux qui l’énoncent sont ceux qui souhaiteraient sa disparition.
Pour Agnès Callamard, « ces puissants aimeraient aujourd’hui nous faire croire que tout cela n’était qu’une chimère, une belle fiction désormais obsolète. Nous devons résister à un tel discours ».
