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Sud-Liban : malgré la trêve, Israël poursuit son agression militaire

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Malgré un semblant de cessez-le-feu, Israël continue d’occuper de larges pans du sud du Liban et entérine une zone tampon marquée par la « ligne jaune ». Derrière cette ligne de démarcation, l’armée israélienne conserve le contrôle de 60 % du territoire libanais et y mène des opérations de destruction d’habitations à l’explosif, achevant de ratisser les localités frontalières.

Dans le sud du Liban, des explosions retentissent sans interruption : tantôt l’armée israélienne dynamite des quartiers entiers des villages qu’elle occupe encore, tantôt elle bombarde quiconque s’approcherait trop près de ses positions. Difficile de croire, en l’état, à l’existence du cessez-le-feu instauré dans la nuit du 16 au 17 avril.

Une occupation illégale sur le modèle Gazaoui

En dépit de la trêve, Israël poursuit les destructions d’habitations dans le sud du Liban. L’objectif : établir une zone d’occupation de 5 à 10 kilomètres de profondeur en territoire libanais, délimitée par une ligne jaune.

Israël a annoncé une « ligne jaune » délimitant la zone qu’il occupe au Sud-Liban, sur le modèle de Gaza. Tsahal contrôle 55 localités dans une bande de 8 à 10 km de profondeur et entend en faire une zone tampon « nettoyée », détruisant infrastructures et habitations. Comme à Gaza, où elle a tué plus de 775 personnes depuis la trêve instaurée en octobre 2025, l’armée se réserve le droit de frapper toute personne s’en approchant.

Les bombardements et les combats se poursuivent ainsi dans la vallée de la Bekaa, malgré le cessez-le-feu, le Hezbollah revendiquant également une embuscade contre des soldats israéliens dans la zone tampon.

« Toutes les maisons des villages [libanais] à la frontière [avec Israël] seront démolies »

Les soldats déployés ont pour ordre de rendre cette zone inhabitable afin d’empêcher le retour des déplacés. Un potentiel crime de guerre, qui se déroule sous les yeux des quelques villageois restés sur place malgré les ordres d’évacuation de l’armée israélienne.

Sur leurs gardes, les habitants craignent de subir le même sort que la bande de Gaza, dévastée par les opérations militaires d’Israël. « Toutes les maisons des villages [libanais] adjacents à la frontière [avec Israël] seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza », a ainsi annoncé fin mars Israël Katz, le ministre de la Défense israélien.

Ce 20 avril encore, l’armée israélienne a mis en garde les habitants de cette zone contre toute tentative de retour. La très grande majorité des localités ont été évacuées, seules quelques communautés chrétiennes demeurent sur place. Aucune perspective de retour n’a été évoquée.

Lire sur le sujet : Nettoyage ethnique au Sud-Liban : Israël veut éliminer la présence chiite

Le droit à la résistance

Une nouvelle occupation entraînerait la résistance de la population. « Si les grands États n’interviennent pas pour mettre des limites à Israël, les villageois vont porter les armes et se défendre eux-mêmes », prévient un villageois du Sud-Liban. Un droit à la lutte armée contre une puissance coloniale, garanti par la résolution 3070 de l’Assemblée générale des Nations unies.

Depuis le 2 mars, l’invasion militaire israélienne au Liban a fait plus de 2 000 morts, 6 000 blessés et déplacé 1,2 million de personnes. La trêve, censée ouvrir des négociations directes entre le Liban et Israël, ne met donc fin qu’à certains bombardements au nord du Litani.

 

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