Ce lundi 26 janvier, le tribunal judiciaire de Lyon a annulé la procédure pour « apologie du terrorisme » visant l’ex gérant des Éditions Tawhid, Yamin Makri. Malgré ce jugement, l’auteur reste soumis à un gel total de ses avoirs. Dans un communiqué publié mardi, la maison d’édition dénonce « une stratégie structurée de neutralisation politique et économique ».
Yamin Makri, cofondateur des Éditions Tawhid, a été intégralement mis hors de cause. Son conseil, Me Rafik Chekkat, a annoncé lundi l’abandon des poursuites pour « apologie du terrorisme » et « incitation à la haine ». Engagé dans une procédure judiciaire depuis 2024 à la suite de contenus publiés en ligne, l’auteur lyonnais faisait face à des accusations que la défense qualifiait de « juridiquement fragiles ».
Les Éditions Tawhid saluent « une mobilisation militante, médiatique et populaire »
À l’issue d’un procès contradictoire et approfondi, le tribunal judiciaire de Lyon a retenu les nullités soulevées par la défense et prononcé la relaxe de Yamin Makri. La procédure pour « apologie du terrorisme » est ainsi annulée. Dans un communiqué diffusé mardi, les Éditions Tawhid saluent « une mobilisation militante, médiatique et populaire déterminée » et rappellent que « cette décision rappelle un principe fondamental de l’État de droit ».
« Cette victoire n’est pas seulement celle de Yamin. Elle est celle des Éditions Tawhid et de toutes celles et ceux qui subissent pressions administratives, menaces judiciaires et répression policière. Elle affirme une chose simple : l’intimidation n’est pas la justice, et la mobilisation citoyenne n’est pas un crime. »
Pour la maison d’édition, cette relaxe « constitue un désaveu clair d’une tentative de criminalisation de la dénonciation du génocide en cours à Gaza ».
Victoire pour Yamine Makri ! Les poursuites pour apologie du terrorisme et incitation à la haine à son encontre ont été abandonnées. pic.twitter.com/Z8yUVrfmYA
— Rafik Chekkat (@r_chekkat) January 26, 2026
Une stratégie de neutralisation politique et économique
Toutefois, malgré cette décision favorable, la situation financière de l’auteur demeure critique. « Depuis sept mois, Yamin Makri subit un gel total de ses avoirs. Il ne peut régler ses dépenses les plus élémentaires sans l’autorisation de la direction du Trésor », rappelle le communiqué. Les Éditions Tawhid, actives « depuis plus de trente ans », sont elles aussi frappées par un gel économique complet.
« L’objectif est clair : asphyxier économiquement et provoquer un dépôt de bilan forcé. Nous ne sommes pas face à une simple procédure administrative, mais à une stratégie de neutralisation politique et économique visant des institutions intellectuelles et éducatives de l’islam de France », dénonce la maison d’édition.
Selon le texte, cet « harcèlement » s’expliquerait par « le double engagement de Yamin (…) au sein de la militance pro-palestinienne, dénonçant le génocide à Gaza et la complicité de l’État français ». « Ce qui s’est joué dépasse largement le cas de Yamin. La mobilisation a démontré qu’un contre-pouvoir populaire, construit au-delà des appartenances, peut faire reculer l’arbitraire », affirment les Éditions Tawhid.
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« L’immobilisme est l’arme de l’arbitraire »
Le communiqué s’adresse enfin « à celles et ceux qui se taisent aujourd’hui par peur », affirmant que celle-ci n’est pas une fatalité : « L’immobilisme est l’arme de l’arbitraire ; la mobilisation, au contraire, le désarme ». Pour les Éditions Tawhid, ce jugement ne marque pas la fin du combat mais ouvre une voie, présentée comme une invitation à poursuivre l’engagement collectif : « Quand les citoyens s’organisent, l’arbitraire recule. Cette victoire collective en est la preuve, par la grâce de Dieu ».