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13/08/2022
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Séparatisme : la « méthode Al Capone » décryptée Place Beauvau

La Place Beauvau à Paris. ©Mbzt.

22 mosquées fermées, 5 autres dans les prochaines semaines : un séminaire sur le séparatisme a été l’occasion pour le gouvernement d’affuter son dispositif anti-séparatisme visant des mosquées et des commerces. Focus.

Fin 2019, le gouvernement a mis en place un certain nombre de mesures afin de lutter contre la radicalisation. Créées par la circulaire du 27 novembre 2019, les CLIR, cellules départementales de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire, sont placées sous l’autorité du préfet de département et ont pour but de coordonner l’action de l’ensemble des services départementaux.

92 mosquées « problématiques »

Depuis leur création, 22 mosquées ont été définitivement fermées, 5 lieux de culte fermeront dans les 2 mois à venir et 22 autres sont en attente de décision.

Avant la mosquée d’Allonnes, au mois d’octobre (fermée pour appel à la violence terroriste, ndlr), la mosquée des Caillols à Marseille avait été fermée en février dernier tout comme deux autres lieux de Seine-Saint-Denis : la mosquée de Romainville et le lieu de culte clandestin dans le quartier des Coquetiers à Bobigny. Plusieurs de ces fermetures ont été motivées par des qualifications comme “ lieu salafiste notoire” ou encore “ présence d’un prêcheur rigoriste”.

Aujourd’hui, pas moins de 92 mosquées considérées comme “problématiques “ seraient dans le collimateur du Gouvernement.

Sans oublier les contrôles effectués sur 24 000 structures comme des librairies, des débits de boissons ou des associations sportives qui ont donnés lieu à 672 établissements fermés car considérés, aux yeux de l’Etat, comme des “ faux nez de la radicalisation islamiste”.

Fin 2020, une source de la Place Beauvau expliquait au JDD que l’Etat recourait à « la stratégie Al Capone », qui consiste à chercher des failles administratives ou financières pour obtenir la fermeture légale d’un lieu.

46 millions d’euros ont déjà été saisis par l’Etat, grâce à la politique de dissolution d’associations, telles que BarakaCity ou le Collectif Contre l’Islamophobie en France.

Un séminaire pour 450 fonctionnaires

L’entrée en vigueur le 24 août 2021 de la loi dite de lutte contre le “séparatisme “, officiellement appelée “ loi confortant le respect des principes de la République”, qui définit la liste des motifs de dissolution des associations ou fondations ainsi que le contrôle des associations cultuelles et des lieux de culte, est le nouvel outil dont disposeront les préfectures pour obtenir la fermeture d’un lieu accusé ou soupçonné de séparatisme.

Ce lundi 29 novembre, un séminaire a été aussi organisé au ministère de l’Intérieur avec plus de 450 hauts fonctionnaires. Selon le Journal du dimanche, son but était de réunir les administrations déconcentrées afin d’expliquer l’importance « d’œuvrer dans ce combat avec les collectivités locales et l’ensemble des services de l’Etat, contre le séparatisme islamiste” selon les mots de Marlène Schiappa.

Le séminaire était censé expliquer la nécessité d’un travail d’équipe entre les administrations déconcentrées, les collectivités locales et l’ensemble des services de l’Etat. Le sociologue Bernard Rougier et l’expert en complotisme, Rudy Reichstadt y ont participé.  Jean Castex devait également y intervenir sur le thème de l’égalité des chances et de la “ reconquête républicaine “ dans 62 quartiers.