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05/12/2020
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Rohingyas, Al Aqsa : Erdogan et Rohani appellent à l’unité des musulmans

Le sommet de l’Organisation de coopération islamique qui se tenait au Kazakhstan a été l’occasion pour les présidents turc Erdogan et iranien Rohani d’appeler de leurs voeux à une union ferme et résolue des pays musulmans pour résoudre les crises des Rohingyas et d’Al Aqsa. Les deux leaders du monde musulman ont également insisté sur l’importance de mettre sur pied une politique de développement technologique et d’endiguer la fuite des cerveaux.

Le président turc Erdoğan, lors de son discours au sommet de l’Organisation de coopération islamique qui se tenait au Kazakhstan, a appelé tous les pays musulmans à s’unir en solidarité avec les Rohingyas en Birmanie, cas emblématique des crises qui traversent le monde islamique. S’exprimant lors du Sommet de la science et de la technologie de l’Organisation de coopération islamique (OCI) à Astana dimanche, Erdoğan a déclaré que les pays musulmans devraient travailler ensemble pour mettre fin aux souffrances des Rohingyas en Birmanie.”Nous voulons travailler avec les gouvernements de la Birmanie et du Bangladesh pour sortir de la crise humanitaire en cours dans la région. Nous avons communiqué notre offre d’aide aux autorités bangladaises quant au soutien nécessaire à fournir aux musulmans qui fuient la répression et le meurtre”, a-t-il évoqué. Le président a ajouté que les organisations internationales et les pays musulmans, en particulier, devraient travailler ensemble pour mettre un terme à cette manifestation de cruauté du pouvoir birman. Plus tôt, lors d’une conférence de presse vendredi, Erdoğan a révélé que la Turquie prévoyait de construire un camp de tente au Bangladesh pour les Rohingyas.

Erdogan : “Nous devrions adopter une attitude plus déterminée pour prévenir d’autres provocations israéliennes”

Erdogan a également abordé la crise politique entre les pays du Golfe et les tensions à Jérusalem. “Ce dont le monde musulman a besoin aujourd’hui n’est pas l’instabilité, mais l’unité et la solidarité. La crise dans la région du Golfe nous a profondément bouleversé. Nous voulons que la crise dans le Golfe soit résolue le plus tôt possible”, a déclaré Erdogan. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et Bahreïn ont coupé les relations diplomatiques avec le Qatar et ont rompu les liens aériens, terrestres et maritimes avec le pays le 5 juin après l’avoir accusé de soutenir les groupes extrémistes. Le Qatar nie fermement les allégations, arguant que les efforts visant à isoler le pays étaient motivés politiquement. Le président turc a également abordé le cas d’Al Aqsa. “Nous n’autoriserons jamais la violation de la la sainteté de Jérusalem. Nous devrions adopter une attitude plus déterminée pour prévenir d’autres provocations israéliennes”, a poursuivi M. Erdoğan. Le numéro 1 turc a également souligné la fragilité des pays musulmans qui perdent leurs «cerveaux les plus brillants» en allusion à «l’exode des cerveaux» vers le monde occidental. “Aujourd’hui, 55 % de la population du monde islamique ne sait même pas lire ou écrire. Dans les pays de l’OCDE, le pourcentage de ressortissants éduqués est de 5,2 %, contre moins de 1 % dans le monde islamique. Nous ne sommes pas des producteurs, mais plutôt des consommateurs de technologies de l’information, qui est la source de pouvoir la plus importante dans le monde d’aujourd’hui. Cela nous rend fragile à bien des égards, surtout en termes de sécurité nationale. Je tiens à souligner le fait qu’aujourd’hui, comme hier, être un pays fort dépend de la production de connaissances”, a-t-il ajouté. Il a également insisté sur le fait que les dirigeants des pays musulmans devraient permettre à leurs citoyens d’avoir accès à tous les avantages offerts par internet tout en les protégeant de leurs dangers, notamment en ce qui concerne l’exploitation du web par des organisations terroristes et des groupes anti-islamiques.

Aujourd’hui, 55 % de la population du monde islamique ne sait même pas lire ou écrire

Hassan Rouhani : “Mettons de côté les divisions sondées par les ennemis de l’islam qui voient leur avantage à nous diviser”

Le président iranien Hassan Rouhani a lui aussi souligné le besoin d’unité et de coopération entre les pays musulmans comme cette clé qui le libèrera de la violence et lui apportera la paix permanente. Rouhani a notamment insisté sur la nécessité de sortir de la faiblesse, l’arriération et la désunion qui rendaient impossible la paix durable, ainsi que le développement inclusif et effectif des pays musulmans. “Le consensus, la concorde et la coopération entre les membres du grand monde islamique pour entrer dans le monde développé est en fait un effort commun pour construire un monde sans ignorance, sans pauvreté, sans guerre et sans violence”, a-t-il ajouté en pointant du doigt l’importance politique et stratégique d’une coopération dans le domaine de la science et de la technologie. Aujourd’hui, at-il dit, le monde musulman ressent le besoin de solidarité et d’unité plus que jamais car il lutte contre de multiples crises, comme les crimes israéliens contre les Palestiniens, les atrocités commises par les extrémistes bouddhistes contre les Rohingyas, les catastrophes humanitaires créées par des groupes extrémistes en Syrie et en Irak et la poursuite de la guerre saoudienne au Yémen.

Ouvrons de nouveaux champs de coopération scientifique et technologique au service de la rénovation de nos pays

Le président iranien a par ailleurs déclaré que le sommet de l’OCI avait le potentiel de devenir un jalon dans l’histoire de la coopération scientifique dans le monde musulman. “Mettons de côté les divisions sondées par les ennemis de l’islam et les pouvoirs belliqueux, qui voient leur avantage à nous diviser, et ouvrons de nouveaux champs de coopération scientifique et technologique au service de la rénovation de nos pays”, a-t-il déclaré. Rouhani a également exprimé la volonté de la République islamique de coopérer avec tous les pays et nations musulmanes dans le domaine de la science, de la technologie et de l’innovation.

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