Un rapport publié samedi, par ATD Quart Monde, alerte sur l’impact majeur de la grande pauvreté sur les parcours scolaires en France et souligne l’incapacité de l’école à corriger les inégalités sociales. L’association formule plusieurs recommandations pour y remédier.
Dans ce document rendu public ce samedi, l’association ATD Quart Monde affirme que le système éducatif français échoue aujourd’hui à réduire les inégalités liées à l’origine sociale des élèves.
Pour un changement de regard sur la pauvreté
L’ONG s’appuie sur un constat préoccupant : 72,1 % des élèves scolarisés en SEGPA (Sections d’enseignement général et professionnel adapté) et 80 % de ceux inscrits en ULIS (Unités localisées pour l’inclusion scolaire) proviennent de familles issues de catégories socioprofessionnelles défavorisées. « L’École française ne parvient pas à compenser les inégalités dues à l’origine sociale », écrit l’association dans ce rapport de 228 pages.
Face à cette situation, ATD Quart Monde dresse un bilan sévère et formule plusieurs propositions, notamment l’intégration des parents en situation de précarité dans le parcours scolaire et le renforcement de la formation des enseignants à la réalité de la grande pauvreté. Tout au long du rapport, l’association appelle à « un changement de regard sur la pauvreté » et à « une prise en compte des implicites qui excluent les élèves dont l’école est la plus éloignée ».
🎒 À l’école, les enfants en situation de précarité doivent forcer la porte pour réussir.
— Secours populaire (@SecoursPop) January 24, 2026
Dès le primaire, les inégalités se creusent. En prépa, 53 % des élèves sont enfants de cadres, contre 7 % d’enfants d’ouvriers.
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Mise en place d’une « coéducation au sens plein du terme »
Parmi ses recommandations figure également la mise en place d’une « coéducation au sens plein du terme », reposant sur une véritable « écoute » et un « accueil » de l’ensemble des parents. « Il n’y a pas suffisamment de formations pour les professionnels de l’éducation, qui sont souvent de bonne volonté mais dépourvus des outils nécessaires. Il est indispensable de former les enseignants à la compréhension de la grande pauvreté », a déclaré ce samedi sur France Inter Marie-Aleth Grard, présidente honoraire d’ATD Quart Monde.
« Quand les enseignants sont formés à la connaissance et à la compréhension de la grande pauvreté, quand ils mettent en place des actions avec les parents, tout change », poursuit Marie-Aleth Grard. « Lorsque les parents prennent confiance, osent venir à l’école et échanger avec les enseignants, cela transforme le regard des enfants, qui n’appréhendent plus l’école de la même manière et retrouvent l’envie d’apprendre, parce que leurs parents y sont accueillis », conclut-elle.