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30/01/2023
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« Nos frangins » : la famille d’Abdel Benyahia dénonce des contre-vérités

Le film de Rachid Bouchareb sur les écrans le 7 décembre revient sur la mort tragique de Abdelouahab Benyahia et Malik Oussekine tués par des policiers. Mais le film ne fera pas que des heureux. La famille Benhayia envisage de poursuivre en justice le réalisateur. Les détails de cette affaire à lire sur Mizane.info.

On aurait pu croire que le dernier film sur l’assassinat tragique de Abdelouahab Benyahia et Malik Oussekine par des policiers français, à défaut de faire la joie d’une famille qui a perdu l’un des siens, pourrait la réconforter. « Nos frangins », le dernier film du grand réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb décidé à faire connaître au grand public les ressorts de cette histoire sortira le 7 décembre.

Le troisième volet d’une trilogie

La mort des deux franco-maghrébins tués dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, l’un d’une balle tirée par un policier ivre, l’autre assassiné par des coups de bâton, a marqué la génération des années 80.

Cinéaste engagé, réalisateur d’Indigènes et Hors-la-loi (avec Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila), Rachid Bouchareb a réuni une palette de nouveaux acteurs pour « Nos frangins » Reda Kateb, Lyna Khoudri, Samir Guesmi et Raphaël Personnaz, qui apparaît comme le dernier volet d’une trilogie. Servi par des documents d’archives très présents, le film retrace l’époque des années Mitterrand et leur lot d’idéalisme politique.

« C’est un moment qui m’a beaucoup marqué, des années d’espoir où l’on pensait naïvement que nous allions vers une société nouvelle, de fraternité, faisant reculer le racisme. Au fond la promesse que nous pouvions tous être Français sur un pied d’égalité. Et puis, 35 ans après, on est arrivé à un autre endroit », confie le réalisateur à Franceinfo.

« Nous n’avons pas été concertés pour le film » dénonce la famille Benyahia

Mais la sortie du film a mis en lumière un autre aspect polémique dont se serait bien passé le réalisateur. Le père Benyahia et ses fils entendent contester les conditions dans lesquelles « Nos frangins » a été réalisé. « Nous n’avons pas été concertés pour le film » dénoncent les frères d’Abdel dans un clip publié sur Vimeo et consulté par Mizane.info. « Notre père n’a pas été informé. Personne n’a demandé son accord préalableLe cinéma ne permet pas tout et n’importe quoi. »

Les fils Benyahia dénoncent une présentation tronquée de la figure de leur père, effacé, passif et fataliste face à la mort de son fils.

« Notre père apparaît comme un personnage effacé et hagard qui subit et accepte sans broncher les injustices. C’est indigne et faux. Notre père a pris la parole très tôt et a toujours manifesté dans le cortège de tête. Toute notre famille a participé. Pourquoi notre famille est-elle si absente du film ? »

« Nous sommes restés mobilisés jusqu’au bout »

Les liens entre les familles Benyahia et Oussekine sont aussi l’objet d’une désinformation selon le clan Benyahia.

« D’après Bouchareb, la rencontre entre notre famille et la famille de Malik n’a jamais existé. Encore une fois c’est faux. Nous nous sommes réunis plusieurs fois dans le cadre du « Comité justice pour Abdel ». Nous sommes restés mobilisés jusqu’au bout et avons obtenu la requalification du meurtre d’abdel en homicide volontaire avec incarcération. »

La famille Benyahia envisage sérieusement de saisir la justice. De quoi alimenter un peu plus le suspens sur le contenu du film, en salles le 7 décembre prochain.