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Nice : 15 mois ferme pour la militante pro-palestinienne Amira Zaiter

Suite à des publications pro-palestiniennes – jugées antisémites – Amira Zaiter a été condamnée, vendredi dernier, à 15 mois de prison ferme avec maintien en détention par le tribunal correctionnel de Nice. Détenue depuis la mi-novembre et jugée pour la seconde fois, elle pourrait faire appel de la décision, selon son avocat.

La cofondatrice de l’association Nice à Gaza, Amira Zaiter, comparaissait à nouveau devant le tribunal correctionnel de Nice ce vendredi 23 janvier 2026, pour avoir relayé sur les réseaux sociaux des messages déjà sanctionnés par la justice dans un dossier antérieur.

Une comparution en état de récidive

La militante, en situation de récidive, était poursuivie pour provocation à la haine, injures publiques, republication de contenus antisémites et apologie d’actes de terrorisme, à la suite de publications mises en ligne entre le 26 juin et le 13 octobre 2025 sur X et Instagram. Certains messages incriminés, diffusés dans le contexte du génocide à Gaza, faisaient référence à Hitler, exprimaient un soutien revendiqué au Hamas ou comportaient des dessins satiriques jugés antisémites.

En juin 2025, la cour d’appel d’Aix-en-Provence l’avait déjà condamnée à 18 mois de prison, dont six mois ferme à purger sous bracelet électronique. Mais Amira Zaiter a récidivé entre-temps, en republiant sur ses comptes des tweets qui avaient précisément motivé cette première condamnation.

Le 14 novembre 2025, elle avait de nouveau été placée en garde à vue et, de nouveau, incarcérée à la maison d’arrêt de Nice, sans pouvoir voir sa fille de 12 ans, laquelle avait écrit au procureur afin de demander l’autorisation de rendre visite à sa mère.

Le contraste avec la situation d’un plaignant…soldat israélien

À l’audience, la cofondatrice de Nice à Gaza a invoqué la « maladresse ». « Il n’y a pas eu de passage à l’acte, il n’y a pas eu de violence, c’était simplement des mots, des écrits, et ça lui vaut, avec un casier judiciaire vierge, d’être emprisonnée en France en 2026 », a réagi son avocat, Me Kada Sadouni. À la barre, elle a également reconnu avoir qualifié Illan Choukroune, réserviste français de l’armée israélienne, de « génocidaire » et a maintenu ses propos : « Je continuerai de le dire. ».

Ilan Choucroun apparaît dans le dossier Zaiter à double titre : en tant que figure militante exposée et comme plaignant, partie civile. Selon la presse, il s’est constitué partie civile aux côtés d’organisations telles que le CRIF, la LICRA et l’OJE lors de la première affaire jugée à Nice. Paradoxalement, ses propres publications sur X se révèlent bien plus virulentes que celles reprochées à Amira Zaiter.

On parle notamment d’un message du 5 août 2025 affirmant que « tous [les Gazaouis] semblent avoir participé ou applaudi » les attaques du 7 octobre, ou encore une déclaration niant l’existence même des Palestiniens à Gaza : « Il n’y a aucun Palestinien à Gaza ». Des propos qui n’ont pas été relevés par les autorités, contrastant fortement avec le traitement du dossier Zaiter.

Lire sur le sujet : Nice : une militante pro-palestinienne condamnée à de la prison ferme

Une question de fond sur la liberté d’expression

À l’issue d’un réquisitoire particulièrement sévère, Amira Zaiter a été reconnue coupable des douze infractions retenues contre elle et condamnée à 15 mois de prison ferme avec maintien en détention. Elle a en outre été condamnée à plusieurs amendes, à dix ans d’inéligibilité et à une inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait). Une décision qui interroge, tant par sa dureté que par l’accumulation des sanctions prononcées.

Pour Me Kada Sadouni, cette condamnation soulève une question de fond sur la liberté d’expression et la place du débat public, dénonçant ce qu’il qualifie de « musellement » de certaines opinions jugées politiquement incorrectes. Il a critiqué « une condamnation qui repose uniquement sur des publications sur les réseaux sociaux, sans passage à l’acte ni violence ».

« Elle est peut-être accro aux réseaux sociaux, elle veut s’exprimer, montrer son indignation, mais elle ne le fait pas de la bonne manière », a conclu l’avocat, qui n’exclut pas de faire appel de la décision.

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