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08/12/2022
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L’apparition de l’inattendu

Comment combattre l’ennui et refouler la morosité d’une époque souvent privée de la beauté propre à toute authenticité ? Par l’instauration d’un « rituel journalier tenace et réfléchi, qui enracine des repères afin de maintenir un cap propre défait des autres et de leurs jugements » écrit Georgia Seed, dans un billet à lire sur Mizane.info.

C’était un peu inattendu. Les jours se ressemblaient. Au fur et à mesure, je m’évertuais à faire des petits pas vers l’avant pour que mes journées se remplissent d’un rythme presque militaire.
Des journées remplies de choses qui me ramenaient à cette vie que j’ai laissé de côté depuis des années pour un idéal qui ne pouvait être atteint parce qu’il n’en serait plus un. Un rythme bien rôdé pour combattre l’ennui et l’oisiveté.

Ce genre de combat personnel duquel je finissais par m’attacher au fil du temps en s’apercevant dans le fond, quand la conscience s’en empare, que ce rythme n’est autre que la traduction d’une peur profonde de perdre pied alors que tout s écroule aussi fragilement qu’un chateau de sable chahuté par les vents, autour de moi. Cette discipline de fer était une manière de répondre aux échecs vécus, aux affects déçus, à cette envie de ne pas faiblir devant l’inexpression de soi au travers de ceux qui ont toujours quelque chose à penser de vous.

Un rituel journalier tenace et réfléchi qui enracine des repères afin de maintenir un cap propre, défait des autres et de leurs jugements. Celui qui me détermine aujourd’hui, fort et couteux parce qu’il trie, de facto, mes amitiés, mes liens. Lorsque vous passez de femmes ou hommes mariés à célibataire, vous subissez une sorte de mort sociale douce que beaucoup, ne perçoivent pas comme telle et de tailles. Mais vous, à votre échelle, vous l’observez.

Cette ténacité devant l’adversité de l’ennui et l’oisiveté crée parfois de l’incompréhension voire du mépris parce que vous modifiez par cette discipline, les standards communs : notamment, si vous n’êtes pas ni plus cette femme apeurée par ce que la vie a d’insécurité. Vous devenez avec le temps, proportionnel à votre célibat, une femme dont on colle des étiquettes à bon escient (bon parce qu’il relève votre évolution) : trop indépendante, trop froide, trop complexe… Trop ceci ou cela… comme si votre retrait du moule était l’annonce d’une maladie contagieuse.

Si ce rythme entravant les standards est bien l’expression d’une peur initiale, il est aussi une formulation positive d’une transformation future. Aussi longtemps que la discipline, la rigueur, l’exigence pour vous même vous habitera, tout les espoirs sont possibles. Les inattendus apparaissent à ces moments là.

Georgia Seed