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30/01/2023
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Jawad Ben Francis : « Je me sens plus français qu’avant »

Jawad Ben Francis : « Je me sens plus français qu'avant » Mizane info

Troisième volet de notre série de témoignages de conversion à l’islam. Jawad Ben Francis nous livre son regard rétrospectif sur le cheminement spirituel qui l’a conduit vers l’islam. « Il y a quelque chose d’authentique qui est reconnu immédiatement par le cœur et qui ne m’a pas lâché en 17 ans » confie-t-il sur Mizane.info.

Étant donné que je me suis converti à 17 ans, j’ai quasiment vécu à 34 ans autant de temps avec l’islam que sans l’islam. C’est donc le moment idéal pour faire la comparaison et tirer quelques conclusions avec un regard presque scientifiquement neutre.

L’islam c’est dur. C’est pas juste la pratique qui est dure, ce sont les épreuves dont tu sais qu’elles n’arrivent que parce que tu es musulman, parce que tu as osé dire que tu voulais connaître Allah. Or connaître Allah ça a un prix et il est cher pour tout le monde. On ne paie pas tous dans la même monnaie mais Allah sait faire payer à chacun le prix le plus fort pour lui. Et celui qui ne souffre pas n’a pas commencé son cheminement.

Dieu est trop grand pour être aimé…

Le musulman intelligent il ne dit jamais qu’il aime Allah parce qu’il sait que ça lui coûterait trop cher en épreuves. Et puis parce qu’il a appris à connaître quelques aspects lointains d’Allah en développant une forme de proximité avec Lui, et par conséquent il sait qu’Allah est bien trop grand pour qu’on puisse savoir de quoi on parle quand on cite Son ou Ses Noms et bien trop grand pour qu’on puisse prétendre l’aimer. Et dans mon parcours il y a eu une période où je me suis mis en colère contre Allah, sans jamais le renier.

L’islam c’est cool. C’est vraiment le but de ma vie, c’est vraiment le carburant de ma vie, on développe une vraie vie intérieure, on est puissants, intelligents, beaux, lumineux, vivants, aimés par Allah, on sait où on va… Il y a quelque chose d’authentique qui est reconnu immédiatement par le cœur et qui ne m’a pas lâché en 17 ans, comme si après un long voyage on pouvait dire « je suis arrivé ».

Une mosaïque de rencontres

Alors il reste du chemin mais je reconnais la route. À condition évidemment d’être sincère. Celui qui pratique l’islam comme un folklore ou pour résoudre un problème identitaire sa récompense c’est de manger des gâteaux folkloriques pendant le ramadan.

L’islam ça multiplie par 50 tout ce que tu peux vivre. Déjà tout est vécu à l’intérieur en plus d’être vécu à l’extérieur, avec parfois beaucoup d’intensité. Et même sur le plan extérieur j’ai rencontré et vécu avec des gens qui venaient de tous les pays, qui étaient passés par toutes les religions, qui sont brillants sur le plan intellectuel dans des tas de domaines.

J’ai mangé à la table de gens très riches et de gens très pauvres sans qu’on n’y pense un instant, de gens qui avaient des responsabilités importantes avec et de gens très simples mais tout aussi singuliers et intéressants.

«J’ai redécouvert mon identité de français gaulois»

J’ai voyagé (mais vraiment, au point que je m’imprègne de l’identité locale), et acquis une culture générale impressionnante. J’ai aussi redécouvert mon identité de français gaulois, je suis même devenu un patriote, je me sens plus français qu’avant et je sais pourquoi, je sais ce qui est positif dans ma civilisation de naissance…

Même mon sens de l’humour a été démultiplié parce qu’il s’inspire de celui de mes frères anglais, français, espagnols, marocains, algériens, sénégalais… et de 17 ans de souffrance. On vieillit moins vite, on a moins de stress, on a la peau lisse, on est protégés de tout ce qui pourrait réellement nous nuire…

Bref Al hamdoulillah et je demande la force de continuer malgré les épreuves jusqu’à ma mort, avec des épreuves les plus légères possibles validées comme des épreuves lourdes.

Qu’Allah nous aime, nous donne la proximité des gens qu’il aime, les actions des gens qu’il aime et les intentions des gens qu’il aime. Et le tout facilité.

Jawad Ben Francis

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