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Israël : Paris pris au piège d’une citation tronquée de Francesca Albanese

L’association Juristes pour le droit international (Jurdi) a saisi, jeudi 12 février, la procureure de la République de Paris afin de dénoncer la diffusion de fausses informations visant Francesca Albanese. Le collectif affirme que des propos tronqués, repris notamment par certains députés français, lui ont été « frauduleusement imputés ».

L’Association des juristes pour le respect du droit international (JURDI) a annoncé, jeudi, avoir saisi la procureure de la République de Paris après les déclarations du ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, appelant à la démission de la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese.

« Un délit de diffusion de fausses nouvelles »

Dans un communiqué daté du 12 février, l’association indique avoir déposé un signalement pour des faits « susceptibles de constituer le délit de diffusion de fausses nouvelles ». Pour le collectif juridique, « il est évident qu’à aucun moment Israël n’est désigné comme un ennemi commun de l’humanité » dans la prise de parole de Francesca Albanese du 7 février, lors d’un forum organisé par la chaîne Al Jazeera.

Le 11 février, lors de la séance des questions au gouvernement, Jean-Noël Barrot a déclaré devant l’Assemblée nationale que « la France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Mme Francesca Albanese », l’accusant de viser « non pas le gouvernement israélien (…) mais Israël en tant que peuple et en tant que nation ». Ces propos faisaient suite à une question de la députée Caroline Yadan, qui avait auparavant adressé au ministre, avec une quarantaine d’autres parlementaires, un courrier rendu public le 10 février.

Le Quai d’Orsay dans une posture inconfortable

Dans son signalement, Jurdi souligne que le « simple visionnage de l’interview » montre que Francesca Albanese n’a jamais prononcé la phrase tronquée relayée sur les réseaux sociaux : « Israël est l’ennemi commun de l’humanité ». Le collectif estime aussi que « ces propos (…) relèvent d’une analyse juridique et structurelle des violations graves du droit international » imputées à Tel-Aviv.

Interrogé lors du point de presse du Quai d’Orsay, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Pascal Confavreux, a tenté de jeter le doute sur la polémique, affirmant que le ministre n’avait pas repris la formulation citée par les parlementaires : « Le ministre n’a pas cité cette phrase-là dans l’hémicycle hier. » Il a toutefois confirmé que « la France maintient sa position de demander sa démission ».

Lire sur le sujet : Francesca Albanese en lutte contre « la corruption morale du monde »

Francesca Albanese se défend

Interrogée mercredi sur cette affaire par France 24, Francesca Albanese a répondu : « Je n’ai jamais, jamais, jamais dit ‘Israël est l’ennemi commun de l’humanité ». « J’ai parlé des crimes d’Israël, de l’apartheid, du génocide et j’ai condamné comme l’ennemi commun le système qui ne permet pas d’amener en justice et d’amener à une cessation des crimes d’Israël », a-t-elle ajouté.

La rapporteuse onusienne a dénoncé des accusations infondées et invité ses détracteurs à produire une citation précise dans laquelle elle aurait qualifié Israël d’« ennemi de l’humanité ». Suivant l’exemple français, Berlin a également appelé, jeudi, à la démission de la rapporteuse de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés.

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