Alors que le président Emmanuel Macron souhaitait maintenir une posture « défensive » au Moyen-Orient face à la guerre lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, un premier soldat français a été tué, jeudi 12 mars, lors d’une frappe de drones dans la région d’Erbil, au Kurdistan irakien.
Un tournant dans la guerre au Moyen-Orient ? L’agression militaire déclenchée par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, le 28 février, a franchi une nouvelle étape dans la nuit du 12 au 13 mars, avec l’annonce de la mort d’un premier militaire français et de six autres soldats blessés dans la région d’Erbil, en Irak.
1 soldat français mort et six blessées
« L’adjudant-chef Arnaud Frion du septième bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak », a écrit le président Emmanuel Macron sur X jeudi. « Un drone a frappé le centre de la base kurde de Mala Qara dans laquelle plusieurs militaires français étaient installés », a détaillé le ministère des Armées dans un communiqué publié vendredi. « Sept de nos soldats ont été touchés par la frappe, parmi lesquels l’adjudant-chef Arnaud Frion qui a succombé à ses blessures », a précisé la même source.
« Cette attaque contre nos forces engagées dans la lutte contre Daech [acronyme arabe de l’EI] depuis 2015 est inacceptable », a également écrit le président français dans la nuit de jeudi à vendredi. « Leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme. La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques », a-t-il ajouté.
L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 13, 2026
À sa famille, à ses frères d’armes, je veux dire toute l’affection et la solidarité de la Nation.
Plusieurs de nos militaires…
Qui est le groupe irakien Ashab al-Kahf ?
Sans revendiquer explicitement l’attaque, le groupe armé irakien Ashab al-Kahf a annoncé vendredi sur Telegram prendre pour cible les intérêts français dans la région. « Nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront sous le feu de nos attaques », a écrit le groupe, appelant également les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d’une base à Kirkouk où se trouveraient, selon lui, des militaires français.
Apparu en 2019, ce groupe ouvertement pro-Iran affirme défendre l’Irak et vouloir venger la mort de responsables iraniens, notamment Qassem Soleimani, tué à Bagdad lors d’une frappe de drone américaine pendant la crise américano-iranienne de 2019-2020. Après cet épisode, « le groupe a multiplié les actions contre les intérêts américains en Irak », explique le correspondant de France 24 à Téhéran, Siavosh Ghazi.
« L’attaque [contre les militaires français] constitue un avertissement à la France, qui a envoyé le porte-avions Charles de Gaulle (R91) en Méditerranée et deux frégates dans le détroit d’détroit d’Ormuz », a t-elle poursuivi.
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Que faisaient les militaires français en Irak ?
Selon l’état-major français, les militaires visés jeudi étaient « engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens ». Dans le cadre d’une coalition internationale anti-djihadiste dirigée par États-Unis, des militaires de plusieurs pays, dont l’Italie et la France, entraînent au Kurdistan irakien des membres des forces de sécurité kurdes.
L’Italie a également annoncé jeudi qu’une de ses bases, située à Erbil, avait été visée la veille par une attaque de drone. Le camp italien, le camp Singara, près de l’aéroport international, n’a subi que des dégâts matériels. Les militaires italiens participaient eux aussi à la formation des forces kurdes, en coopération avec les Français.
