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Génocide des Rohingyas : la Birmanie face à la Cour internationale de justice

Pendant trois semaines à compter de lundi, les juges de la Cour internationale de justice examineront les accusations de génocide visant les Rohingyas, déposées par la Gambie à l’encontre de la Birmanie.

La Birmanie s’est-elle rendue coupable d’un génocide à l’encontre de la minorité musulmane rohingya ? C’est la question à laquelle devront répondre les juges de la Cour internationale de justice (CIJ) à l’issue de trois semaines d’audiences qui s’ouvrent lundi 12 janvier.

Une audience portée par la Gambie

L’affaire, portée devant la CIJ en 2019 par la Gambie, État d’Afrique de l’Ouest à majorité musulmane, accuse les autorités birmanes d’avoir enfreint la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948. La Cour de La Haye est compétente pour trancher les différends juridiques opposant des États.

En 2017, plusieurs centaines de milliers de Rohingyas ont fui une vaste opération militaire menée par l’armée birmane, appuyée par des milices bouddhistes. De nombreux récits font état de massacres, de viols collectifs et de villages incendiés. Aujourd’hui, environ 1,17 million de Rohingyas vivent dans des camps surpeuplés et précaires à Cox’s Bazar, au Bangladesh.

https://twitter.com/JeanMartin75000/status/2010692611808305418

« Les Rohingyas ont été pris pour cible et exterminés »

Peu après l’ouverture de la procédure, la Cour avait ordonné à la Birmanie de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir des actes relevant du génocide. Lors des premières audiences en 2019, les avocats de la Gambie avaient présenté des éléments qualifiant les faits de « meurtres insensés » et « d’actes de barbarie qui continuent de choquer notre conscience collective ».

À l’époque, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et alors dirigeante du pays, s’était personnellement déplacée pour défendre l’armée birmane, niant toute intention génocidaire. Pour le ministre gambien de la justice, Dawda Jallow, l’armée birmane a sciemment pris pour cible la population rohingya afin de la détruire :

« Il ne s’agit pas de questions ésotériques de droit international. Il s’agit de personnes réelles, d’histoires réelles et d’un groupe humain bien réel : les Rohingyas du Myanmar. Ils ont été pris pour cible et exterminés. »

Les débats doivent se poursuivre jusqu’au 29 janvier

Onze États ont depuis rejoint la plainte déposée par la Gambie, dont neuf pays occidentaux, parmi lesquels la France, ainsi que deux États africains. Ces audiences sont également suivies avec attention en raison d’une procédure distincte engagée par l’Afrique du Sud contre Israël, accusé de génocide à l’encontre des Palestiniens de Gaza.

Les débats doivent se poursuivre jusqu’au 29 janvier 2026. Le verdict final de la Cour de La Haye pourrait toutefois n’intervenir que dans plusieurs mois, voire plusieurs années. Si la CIJ ne dispose d’aucun moyen contraignant pour faire exécuter ses décisions, un jugement favorable à Banjul renforcerait néanmoins la pression politique et diplomatique sur la Birmanie.

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