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mardi 23 juillet 2024

Gaza : témoignage des médecins français sur la situation des hôpitaux

Raphaël Pitti

Durant deux semaines, une vingtaine de médecins – dont sept Français – se sont rendus à l’hôpital européen de Khan Younès dans le sud de Gaza, pour prêter main-forte à la population civile sur place. Le médecin humanitaire Raphaël Pitti a livré son témoignage sur « l’une des pires situations humanitaires » qu’il ait traversé. Focus.

Ils viennent de passer deux semaines dans la bande de Gaza. De retour d’une mission de santé humanitaire à l’Hôpital européen de Khan Younès, une équipe de 7 praticiens français ont tenu à témoigner de l’ampleur des souffrances de la population palestinienne « qui manque de tout ».

Le médecin humanitaire Raphaël Pitti raconte les réanimations à même le sol, les amputations d’enfants et le calvaire d’une population civile touchée par les bombardements et les tirs de snipers. « Je n’ai jamais vu ça. » a déploré le l’anesthésiste-réanimateur.

A la fois hôpital et refuge « pour des milliers de familles »

« Les gens se construisent des abris à même la rue » témoigne le professeur de médecine Raphaël Pitti tout juste de retour d’un séjour de deux semaines dans l’enclave palestinienne de Gaza. Basé à l’hôpital européen, il décrit un lieu de soin devenu également refuge pour des milliers de familles :

« Cette confusion est terrible. L’hôpital est submergé par le nombre de blessé, de victimes et de malades. Il y a 400 places, ils sont 900. »

L’urgentiste observe une médecine du dénuement, à même le sol, dans des conditions extrêmement critiques pour les dizaines de milliers de blessés : « Il y a un manque d’hygiène terrible dans l’hôpital. Il y a beaucoup d’infections (…) il y a une infection des os qui oblige à l’amputation. »

Témoignage similaire du vice-président de Médecins du monde, Jean-François Corty : « Il y a tellement de blessés qui arrivent en même temps qu’on fait les amputations à même le sol, dans le hall d’entrée, ou là où le bâtiment de l’hôpital n’est pas détruit et où l’on ne risque pas de se faire sniper ».

« On est face à un génocide »

Le professeur Raphaël Pitti estime que Gaza est l’une des pires situations humanitaires qu’il ait traversé. Il fait état d’arrestations sommaires des directeurs d’hôpitaux et de tortures commises par l’armée israélienne :

« Pendant notre mission, l’hôpital Al-Nasser, à Khan Younès, a été encerclé pendant onze jours par l’armée israélienne avant d’être évacué définitivement. Tous les directeurs d’hôpitaux de Gaza ont été arrêtés, interrogés et manifestement torturés sous le prétexte qu’ils sont pro-Hamas »

L’ordonnance de la Cour internationale de justice à Israël de prévenir les actes de génocide « n’a été pris en compte. Il n’y a aucune amélioration » déplore le médecin humanitaire. « Où est l’approvisionnement massif d’aide humanitaire exigé par l’ONU ? On est face à un génocide, à une volonté de supprimer une population ».

Pour Raphaël Pitti, un cessez-le-feu immédiat et permanent est la seule solution « et c’est une urgence ».

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