Le préfet du Gard a ordonné, ce vendredi, la fermeture d’une école culturelle musulmane installée au sein de la mosquée d’Alès. Une décision « coup de poing », motivée par la « non-conformité » des locaux, à l’issue d’un contrôle inopiné effectué en début de mois.
Suite à un ensemble de manquements administratifs, lors d’une inspection, la préfecture du Gard a ordonné vendredi la fermeture « immédiate » et sans préavis d’une école coranique et de langue arabe liée à la mosquée d’Alès.
110 enfants inscrits à l’école d’arabe de la mosquée
Le 14 janvier dernier, un service du département du Gard a mené une inspection au sein d’une école d’arabe rattachée à la mosquée Assalam, située à Alès. Lors de ce contrôle, les agents ont constaté l’accueil « non déclaré » d’enfants, ainsi que la présence de documents tels que « Fiche d’inscription – année scolaire 2025/2026 école arabe de la mosquée Assalam ». D’après les relevés effectués sur place, 110 enfants étaient inscrits.
Comme dans de nombreuses écoles culturelles liées à un lieu de culte, les enfants étaient accueillis en dehors du temps scolaire, les mercredis, samedis et dimanches. Dans les locaux, les élèves suivaient des cours de langue arabe ainsi qu’un enseignement du Coran.

Manquements administratifs et fermeture
Selon la préfecture, plusieurs manquements ont été rigoureusement relevés lors de cette visite inopinée : l’absence de consignes et de formation à l’utilisation des extincteurs, le dysfonctionnement de l’alarme incendie, la non-conformité d’une porte de secours ainsi que la présence d’étaiements au niveau de la toiture.
Au regard de l’ensemble de ces manquements administratifs, le représentant de l’État dans le département, Jérôme Bonnet, a ordonné la fermeture « immédiate » et sans préavis de l’établissement, « jusqu’à sa mise en conformité ».
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Une insécurité juridique pour les écoles musulmanes
Le 30 décembre 2025, la préfecture du Rhône avait déjà prononcé la fermeture de l’école musulmane « La Réussite », qui dispensait elle aussi des cours d’arabe et une initiation au Coran au Centre interculturel de Décines.
À la suite de cette décision, le Conseil des mosquées du Rhône (CMR) avait dénoncé l’absence de cadre clair, estimant qu’elle « expose les structures éducatives musulmanes à une insécurité juridique et administrative, tandis que les familles font face à la suspension brutale d’un enseignement pour lequel il n’existe aucune alternative institutionnelle comparable ».