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03/12/2022
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Free solo : l’art de danser avec la mort 

Alex Honnold à l’affiche du film documentaire « Free solo ».

Pratique sportive très exigeante, le free solo qui consiste à escalader des parois montagneuses sans corde fait des émules. Le documentaire plusieurs fois primé « Free solo » a encouragé le succès de cette pratique à haut risque.  

Le Free solo, désignant la pratique de l’escalade libre, autrement dit sans corde ni équipement de protection, n’est normalement pratiqué que par des professionnels. En effet, ceux-ci se munissent de chaussons pour l’adhérence au niveau des pieds et de magnésie pour leurs mains, et c’est tout. 

Evidemment, il ne s’agit pas de grimper le mur d’escalade de la ville. Plus c’est haut, mieux c’est. Les grimpeurs sont tout à fait conscients du risque d’une chute mortelle.

Free solo : une pratique à risque

Rendu célèbre par le documentaire Free Solo, réalisé par Jimmy Chin, ce sport de l’extrême est illustré ici par l’histoire vraie de l’ascension de la voie Freerider par le grimpeur professionnel Alex Honnold. 975 mètres d’escalade sans corde sur El Capitan, réalisé après deux années d’entraînement intensif à apprendre par cœur le chemin, centimètre après centimètre. 

Si Alex Honnold s’en est sorti indemne, ce n’est malheureusement pas le cas de tous les grimpeurs.

En 2009, l’américain John Bachar décède pendant un free solo. 10 ans après, Austin Howell, lui aussi professionnel, meurt à son tour. Au mois de juillet dernier, un jeune Français de 29 ans est décédé dans le Massif de Belledonne en tentant de grimper la Voie Gaspard en free solo.

Au vu des risques encourus par cette pratique, quelles sont les motivations réelles des grimpeurs ?

« La montagne est magnifique, mais elle ne pardonne pas »

« Je ne suis obligé à rien. Je ne fais ça que pour mon propre plaisir. Si j’ai peur, soit je passe plus de temps à me préparer, soit je ne le fais pas. J’ai fait des voies où je me suis retrouvé en train de me demander ce que j’étais en train de faire là. Alors je suis redescendu et je suis rentré chez moi. C’est dans la retenue que réside la plus grande partie de la bravoure. » confie Alex Honnold au National Geographic.

En 2019, Jimmy Reynolds, grimpeur californien, atteint en free solo le sommet Fitz Roy en Patagonie. Lors d’une interview, il explique que l’escalade traditionnelle ne lui laissait pas une liberté d’expression satisfaisante . “J’ai vraiment adoré ces expériences, mais à chaque fois je n’avais pas vraiment l’impression de pouvoir m’exprimer.”

Malgré l’accomplissement personnel résultant de ces exploits, le grimpeur garde la tête sur les épaules. Etant également secouriste au Yosemite, il avouera au National Geographic que la peur est toujours présente.  “La montagne est magnifique, mais elle ne pardonne pas. J’ai vu ce qu’il reste au sol après une chute de 300 mètres. Ces images macabres font partie de moi”.

Malgré sa dangerosité, cette discipline qui demande une préparation physique et mentale à tout épreuve, accueille de nombreux adeptes passionnés d’escalade.

Marie Jarosz