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jeudi 25 avril 2024

Fouille archéologique dans la plus vieille mosquée de France

LA MOSQUÉE ANCIENNE DE TSINGONI (MAYOTTE)

Une dizaine d’archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) effectue, depuis juillet, des fouilles dans la mosquée de Tsingoni à Mayotte, la plus ancienne de France qui daterait du 16e siècle. Samedi matin, ils ont organisé des portes ouvertes afin d’initier le public au métier d’archéologue et exposer leurs découvertes. Focus.

Classée au titre des monuments historiques en 2015, la mosquée ancienne de Tsingoni fait l’objet, depuis le 3 juillet, d’une analyse archéologique du bâti par l’Inrap en vue de déterminer les différentes phases de construction de l’édifice depuis le 16e siècle.

Une fouille archéologique est menée, à la mosquée, par sept archéologues de l’Inrap et une restauratrice, pour l’analyse des couches picturales. L’objectif de cette intervention est de comprendre l’évolution de ce bâtiment emblématique du patrimoine mahorais et de déterminer la succession des phases d’occupation.

Un édifice historique du patrimoine mahorais

La mosquée ancienne de Tsingoni fait partie intégrante du patrimoine mahorais. Capitale du sultanat de Mayotte, la ville connaît un essor considérable à partir du XVIe siècle. Son histoire récente est illustrée, dans les sources écrites, par les récits de voyageurs qui ont accosté sur l’île au cours des 19e et 20e siècles.

La mosquée de Tsingoni serait la plus ancienne mosquée de France. Sous la maîtrise d’ouvrage de la mairie de Tsingoni, un diagnostic, prescrit par le préfet de Mayotte, est réalisé par l’Inrap en 2016. Les résultats ont mis en avant différentes phases de construction de l’édifice.

Le mihrab de la mosquée aurait été réalisé en 1538

Les vestiges découverts se sont révélés aussi riches que denses. Une occupation est identifiée dès les 13e et 16e siècles avec des traces d’habitats et la présence d’une mosquée primitive en pierre. Ce premier édifice subit de nombreux remaniements dans les siècles qui suivent.

Une fouille archéologique comme témoignage du temps

Durant deux mois, plusieurs archéologues ont « fouillé » les murs pour comprendre l’architecture de la mosquée.

En effet, la mairie a pour projet de rénover cet édifice mais une fouille archéologique préventive est nécessaire car le lieu de culte a été inscrit, en 2015, sur la liste des bâtiments historiques classés.

« En tant qu’archéologues, notre travail consiste à étudier le bâti mais aussi les différentes couches de sédiments afin de récolter un maximum d’informations et de données sur la construction de cet édifice avant sa réhabilitation »

Archéologue à l’Inrap, Jean-Baptiste explique que ce travail est « nécessaire pour avoir un maximum d’informations et comprendre les différentes phases d’occupation et d’évolution. »

Plan de la mosquée de Tsingoni 

La responsable du chantier et des opérations, Justine Saadi, a d’ailleurs indiqué que l’équipe avait découvert un fragment du Coran niché dans un mur. Une découverte magnifique et émouvante. Le fragment a été présenté à la communauté de Tsingoni avant de partir en laboratoire afin de pouvoir le dater précisément.

Un chantier ouvert en lien avec la population locale

Samedi dans la matinée, les archéologues de l’Inrap ont accueilli plusieurs dizaine de curieux et de passionnés d’histoire, ou d’archéologie, soucieux de connaitre les origines de la construction de la mosquée de Tsingoni.

« Nous avons étudié les matériaux utilisés comme le corail, la roche volcanique ou encore le mortier… afin de pouvoir établir une chronologie. Les quelques fragments d’os, de céramiques ou de charbon de bois que nous avons trouvés ont été envoyés en laboratoire afin qu’ils soient analysés au carbone 14 ce qui permettra de les dater plus précisément. »

« Une étude complète du bâti pour essayer de voir si quelque chose était antérieur au 16e siècle » présice, Marie-Hélène, un autre archéologue sur place. Il s’agit de « lire les différentes phases de construction d’aménagement de la mosquée (…) pour avoir un maximum d’informations et comprendre les différentes phases d’occupation et d’évolution »

Les archéologues savourent cette ambiance « agréable » et inédite de pouvoir travailler « sur un patrimoine encore vivant » et sur un chantier ouvert « où l’on échange avec les fidèles et la population ». Sur ce point, certains ne tarissent pas d’éloges :

« L’accueil des locaux est vraiment exceptionnel, il y a de l’entraide, du soutien, la population montre vraiment de l’intérêt pour ce patrimoine ».

L’équipe quittera prochainement le 101e département français le 15 septembre prochain.

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