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mardi 16 juillet 2024

Femmes violées et bébés décapités : retour sur deux fake news

Femmes violées et bébés décapités : retour sur deux fake news Mizane.info

Face aux flots d’informations depuis le début du conflit israélo-palestinien, les « fake news » pullulent sur les réseaux sociaux. Mardi soir, plusieurs journalistes ont fait état d’un supposé massacre de 40 bébés, par le Hamas, dans un kibboutz près de Gaza. Malgré les démentis officiels émanant aussi bien de la Maison Blanche que de l’armée israélienne, cette fake news continue d’être propagé. Explications.

C’est sur l’antenne de BFM, mardi après-midi, qu’un journaliste de la chaîne franco-israélienne i24News, Mael Benoliel, raconte pour la première fois ce qui s’avéra être une fake news : « [A Kfar Aza], on a coupé la tête à des enfants et à des femmes. On parle de familles entières qui ont été décimées. Pas moins de quarante enfants ont été exécutés, éventrés. Parmi eux, des bébés ».

Une allégation visant l’offensive du Hamas contre un kibboutz israélien qui choquera le monde entier et sera reprise en masse dans les médias internationaux. Le récit sera même repris par le président des Etats-Unis, Joe Biden, lors d’un discours à la Maison Blanche.

L’armée israélienne ne confirme pas l’information

Ce bilan glaçant, repris sans nuance par les médias du monde, ne se baserait en réalité sur aucune source directe des évènements mais sur les dires supposés de secouristes et du porte-parole du Premier ministre israélien Netanyahou. Dès mercredi, un porte-parole du ministère de la Défense israélienne nuancera l’infos :

« Nous ne pouvons pas confirmer officiellement mais nous pouvons penser que c’est ce qui est arrivé et croire cette conclusion ».

Le porte-parole de l’armée israélienne, Doron Spielman, indiquera également qu’il ne peut pas confirmer « ce rapport spécifique et ce nombre exact ». Le média français Checknews décidera d’enquêter sur l’affaire et contactera le journaliste israélien, Mael Benoliel, qui finira par avouer qu’il n’a pas vu lui-même « d’enfants tués ou décapités, ce sont des témoignages de soldats ».

Le Hamas de son côté démentira, dans un communiqué, ces allégations, affirmant ne viser en aucun cas « les femmes et les enfants ».

Le président des Etats-Unis, Joe Biden

La Maison Blanche recadre le président des Etats-Unis

Malgré les nuances des structures militaires israéliennes et des journalistes à l’origine de la « fake news », le président Joe Biden évoquera, lors d’un discours prononcé mercredi à la Maison Blanche, avoir vu les photos montrant les enfants décapités.

La Maison Blanche elle-même, auprès de NBC News, recadrera officiellement les propos du président américain en expliquant que Joe Biden s’était basé sur les propos du porte-parole du Premier ministre israélien et non sur des images réelles du supposé massacre d’enfants.

Mercredi matin, le correspondant du Monde Samuel Forey, présent dans le kibboutz de Kfar Aza, témoignera n’avoir jamais entendu parlé « de décapitations, encore moins d’enfants décapités, encore moins de 40 enfants décapités ».

Un journalisme responsable

Autre fait important, le média américain Los Angeles Times a récemment publié la correction d’une chronique d’un journaliste Jonah Goldberg, publiée dans ses colonnes, affirmant que des viols auraient été commis par les groupes militaires palestiniens.

Le journal indique, dans sa correction, un manque de preuves pour étayer ces affirmations après une enquête approfondie sur le sujet. Ces accusations avaient pourtant été publiés dans une multitude de médias français et internationaux.

« Une version antérieure de cette chronique mentionnait des viols lors des attaques, mais de telles informations n’ont pas été étayées », écrira le journal américain.

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