L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a défendu ce dimanche l’idée d’un mécanisme au sein des Nations Unies visant à contraindre les États responsables de guerres « illégales » à verser des réparations financières, dans le contexte des agressions militaires menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran.
Israël et les États-Unis doivent-ils verser des réparations à l’Iran, au Liban ou à Gaza après leur agression militaire ? C’est l’idée avancée, ce dimanche, par l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin.
« Tu détruis, tu répares »
« Tout pays qui s’engage dans une intervention illégitime, illégale, doit payer le prix de la reconstruction de ce qu’il a cassé. Tu détruis, tu répares », a déclaré Dominique de Villepin ce dimanche, estimant que les décisions de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu devraient entraîner des « conséquences sonnantes et trébuchantes ».
« Ma proposition, c’est que désormais, nous devrions prévoir à travers une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies, puisque le Conseil de sécurité est bloqué, un principe de réparation », a-t-il expliqué sur BFMTV.
"Tu détruis, tu répares": Dominique de Villepin propose de mettre en place un système qui obligerait les pays à l'origine de guerres "illégales" à verser des réparations financières pic.twitter.com/AJA5ASyiDi
— BFM (@BFMTV) March 8, 2026
L’Espagne « sauve l’honneur de l’Europe »
Dominique de Villepin, qui avait porté en 2003 devant l’United Nations le « non » de la France à la guerre menée par les États-Unis en Irak lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, estime également que des sanctions devraient être envisagées contre Israël. Selon lui, sous prétexte de tirs du Hezbollah, l’État israélien a étendu son agression au Liban.
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« Je crois que nos démocraties doivent et peuvent agir. Il y a des sanctions économiques possibles, il y a des sanctions politiques possibles », a-t-il déclaré. Dominique de Villepin, qui prépare une candidature à l’élection présidentielle de 2027, juge par ailleurs que la France ne fait pas assez pour mobiliser l’Union européenne sur la question libanaise et, plus largement, sur le conflit au Moyen-Orient.
« La France est en train de rater le coche, de rater l’Histoire », a-t-il estimé, considérant que le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, « sauve l’honneur de l’Europe » en refusant que les États-Unis utilisent ses bases pour attaquer l’Iran.