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16/01/2022
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Aulnay-sous-Bois : « La mosquée n’est pas fermée pour les femmes »

Nouvelles informations dans la polémique à la mosquée d’Aulnay-sous-Bois. Une jeune femme témoignait dans une vidéo ne pas avoir pu accéder à la salle de prière des femmes. Une version en partie démentie par le président de l’association ACMA qui a répondu aux questions de Mizane.info.

La mosquée d’Aulnay-sous-Bois est-elle réellement inaccessible aux femmes ? A la lumière du témoignage apportée par une jeune femme sur les réseaux sociaux, la réponse était plutôt affirmative.

Pour en avoir le cœur net, la rédaction de Mizane.info a contacté la mosquée d’Aulnay-sous-Bois. Et leur version des faits, sans contredire celle de la jeune musulmane, apporte néanmoins des explications détaillées sur la scène et conteste la version d’une fermeture des lieux aux femmes.

«  Il faut bien des surveillants pour ouvrir et fermer la pièce »

Imane* (pseudonyme, ndlr), musulmane présente à la mosquée d’Aulnay-sous-Bois a écarté d’un revers de la main les accusations.

« Nous les sœurs on arrive à prier convenablement, toutes les heures, quand il y a des bénévoles qui sont disponibles. Je suis ici depuis 16H/17H, explique-t-elle ce mercredi alors qu’il est 19h. Hier le côté des femmes était fermée à 12h. Je suis allé du côté des hommes pour leur demander d’ouvrir. C’est ce qu’ils ont fait », explique-t-elle.

Pour Imane, les règles d’accès à la mosquée en général sont codifiées pour des raisons de sécurité.

« Il faut comprendre que la salle des femmes ne peut pas restée ouverte sans présence pour assurer la sécurité. Il faut bien des surveillants pour ouvrir et fermer la pièce et être sûr que les fidèles entrent puis sortent. La salle est ouverte et occasionnellement, lorsqu’elle est fermée, il suffit de demander à ce qu’on l’ouvre », ajoute-t-elle.

« Nous avons reçu une tête de cochon à côté de la mosquée »

Yassine est le président de l’association. Il s’explique sur cette polémique qu’il regrette profondément estimant qu’elle affecte injustement l’image de la mosquée.

« Notre association existe depuis 1988. Nous sommes une des premières mosquées en Ile-de-France à avoir ouvert une salle de prière pour les femmes. Si l’accès des femmes à la mosquée était interdit, cela se serait su bien avant. La mosquée n’est pas fermée pour les femmes », confie-t-il à Mizane.info.

Nous lui avons demandé des détails sur les règles de sécurité et leur justification. « Il y a quelques années, nous avons reçu une tête de cochon à côté de la mosquée. Depuis nous surveillons attentivement la mosquée aux heures d’ouverture. De plus, avec le Covid, nous devons faire respecter les règles sanitaires. Nous devons donc mettre des bénévoles pour surveiller l’accès. Pour ces raisons de sécurité, nous ne pouvons pas laisser un libre-accès inconditionné aux fidèles. » Pour Yassine, « il n’est pas possible d’ouvrir la mosquée sans permanence. »

Des remplaçants pas au fait du règlement de la mosquée

Plutôt grande, accueillant au moins 3000 personnes, la mosquée Assalam d’Aulnay-sous-Bois a deux accès, un principal et un secondaire.

« Nos bénévoles viennent quand ils peuvent. Nos bénévoles femmes travaillent et ne peuvent pas être là en permanence. Les fidèles musulmanes, étudiantes, salariées, sont souvent là le soir, ainsi que le vendredi et les week-ends. En journée, lorsque nous n’avons pas de bénévoles, seul l’accès principal est ouvert. La règle est que lorsque l’accès secondaire est fermée et que nous n’avons pas de bénévoles, les sœurs viennent demander aux hommes de leur ouvrir et c’est ce qui se fait», ajoute-t-il.

Des règles ignorées par les deux hommes qui remplaçaient des référents sur le poste d’accueil. « Malheureusement, nos deux bénévoles référents n’étaient pas présents ce jour-là. L’un d’eux est décédé et l’autre était absent. Deux autres hommes les ont remplacés. Ils n’étaient pas au courant de ce fonctionnement. Ils ont pensé que l’accès aux femmes n’étaient ouverts que le soir. »

Le président insiste sur le fait qu’un autre monsieur a pu accompagner cette jeune femme « dans notre école qui jouxte la mosquée et elle a pu prier, elle ne peut pas dire le contraire », dit-il.

D’après le président de l’ACMA, « l’attitude des hommes qui l’ont reçu était une erreur mais cette erreur ne doit pas rejaillir sur l’ensemble de la mosquée. Chaque vendredi, nous avons plusieurs centaines de femmes qui viennent prier à la mosquée. Pendant le Ramadan, c’est un millier.