Alors que des milliers de procédures pour « apologie du terrorisme » ont été engagées depuis octobre 2023, la répression visant les soutiens de la Palestine continue de se renforcer. Ces dernières semaines, les procès se multiplient à un rythme inquiétant, avec notamment la condamnation hier d’Ismaël Boudjekada, le report de l’audience de Teba N. et le procès à venir du doctorant Yannis Arab.
La répression judiciaire visant les militants solidaires du peuple palestinien ne faiblit pas. Ces dernières semaines, les procès pour « apologie du terrorisme » se multiplient. Le 19 mai, l’ex-élu de Grand-Charmont et militant Ismaël Boudjekada ainsi que l’étudiante de l’université Paris-1 Teba N. étaient jugés au tribunal judiciaire de Paris. Le 11 juin prochain, l’historien et doctorant Yannis Arab doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Grenoble.
12 mois de prison requis contre Ismaël Boudjekada
Ismaël Boudjekada était poursuivi pour neuf faits : six infractions d’apologie d’un acte de terrorisme concernant des publications diffusées sur le réseau social X entre novembre 2023 et novembre 2024, ainsi que trois infractions liées à la divulgation d’informations personnelles sur la même plateforme. L’ancien élu de Grand-Charmont, dans le Doubs, a finalement été condamné à 12 mois de prison, dont six avec sursis, pour apologie du terrorisme et divulgation d’identité en ligne. Il a néanmoins été relaxé pour une partie des faits qui lui étaient reprochés.
La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a en effet prononcé la relaxe d’Ismaël Boudjekada pour plusieurs accusations d’apologie du terrorisme. Face à ses soutiens, il a affirmé que cette décision « fera jurisprudence pour ceux qui soutiennent la cause palestinienne ».
Il a également été condamné à trois ans d’inéligibilité et interdit de contacter les victimes pendant trois ans. Présent seul à l’audience, sans avocat, l’ex-élu local a annoncé qu’il ferait « immédiatement » appel de cette condamnation.
Le tribunal me relaxe sur 33% des faits reprochés mais me condamne pour avoir rendu publiques les menaces que je reçois avec les pseudos de leurs auteurs.
Je fais immédiatement appel et ne verserai pas un centime à ces sionistes qui, une fois affichés, jouent les victimes.… pic.twitter.com/G2olkEg96l
— Ismael Boudjekada (@iboudjekada) May 19, 2026
L’audience de Teba N. reportée
Le même jour, l’étudiante Teba N. attendait le délibéré de son procès, mais le tribunal a finalement reporté sa décision en raison d’un problème d’organisation interne. L’étudiante de l’université Paris-1 avait été jugée le 18 février dernier pour « apologie du terrorisme » après avoir exprimé son soutien à la Palestine dans un groupe de promotion universitaire. Ayant découvert qu’une étudiante du groupe suivait le compte de l’armée israélienne, elle avait décidé de l’exclure, ainsi qu’une autre personne ajoutée simultanément.
Accusée par les deux personnes exclues de « provocation à la discrimination, à la haine et à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine », Teba a dû faire face à un important acharnement judiciaire, policier et universitaire.
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Un procès à venir pour Yannis Arab
Une autre audience est attendue le 11 juin prochain concernant Yannis Arab. Le doctorant en histoire avait été perquisitionné, arrêté à son domicile puis placé en garde à vue en octobre 2024 pour « apologie du terrorisme » en raison de publications de soutien à la Palestine.
Son avocat, Rafik Chekkat, avait alors dénoncé dans un communiqué « une énième procédure qui vise à réprimer les individus et organisations qui dénoncent les massacres en cours à Gaza et au Liban […] ».
