Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce, dans son dernier rapport publié ce mardi, une « privatisation délibérée » de l’eau imposée par Israël à la population de Gaza. L’accès à l’eau constitue une « arme punitive » utilisée par les autorités israéliennes, dénonce l’ONG.
Entre destruction des infrastructures et entraves à l’approvisionnement, « la privation délibérée d’eau infligée aux Palestiniens fait partie intégrante du génocide perpétré par Israël », affirme sans détour l’ONG dans un communiqué accompagnant son rapport intitulé « L’eau comme arme : la destruction et la privation d’eau et d’assainissement par Israël à Gaza ».
Sans eau, la vie s’arrête
Ce rapport, fondé sur des données de MSF et des témoignages recueillis par ses équipes entre 2024 et 2025, estime que « l’instrumentalisation répétée de l’eau » par les autorités israéliennes s’inscrit dans « un schéma récurrent, systématique et cumulatif ».
« Elle vient s’ajouter aux meurtres directs de civils, à la destruction des structures de santé et à la démolition des habitations, provoquant des déplacements massifs de population. Ensemble, ces éléments témoignent d’une volonté d’imposer des conditions de vie destructrices et inhumaines », alerte également l’ONG.
« Les autorités israéliennes savent que sans eau, la vie s’arrête. Pourtant, elles ont systématiquement et délibérément détruit les infrastructures hydrauliques à Gaza, tout en bloquant de manière constante l’entrée des équipements liés à l’eau », déclare Claire San Filippo, responsable des urgences chez MSF, citée dans le communiqué.
Les autorités israéliennes utilisent l’accès à l’eau comme une « arme » contre la population de Gaza, en la privant de cette ressource essentielle dans le cadre d’une « campagne punitive collective », dénonce mardi un rapport de Médecins Sans Frontières (MSF). pic.twitter.com/rlBTm0tHMs
— Un baron fou (@EuropaMagnifica) April 28, 2026
90 % des infrastructures d’eau détruites par Israël
D’après des données de l’ONU, de l’Union européenne et de la Banque mondiale, près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement à Gaza ont été détruites ou endommagées, notamment les usines de dessalement, les forages, les canalisations et les réseaux d’égouts.
Les équipes de MSF ont aussi documenté des tirs de l’armée israélienne sur des camions-citernes « clairement identifiés », ainsi que la destruction de forages « qui constituaient une source vitale pour des dizaines de milliers de personnes ».
En mars 2026, MSF fournissait plus de 5,3 millions de litres d’eau par jour, couvrant les besoins minimums de plus de 407 000 personnes, soit environ un habitant sur cinq, mais « les ordres de déplacement imposés par l’armée israélienne ont empêché les équipes de MSF d’accéder à des zones où elles fournissaient de l’eau à des centaines de milliers de personnes », proteste l’ONG.
Lire sur le sujet : Gaza – l’accès humanitaire sous pression par Israël
Des conséquences dramatiques pour la population
Par ailleurs, un tiers des demandes de l’organisation pour faire entrer des unités de dessalement, des pompes, du chlore et d’autres produits de traitement de l’eau, des réservoirs, des répulsifs anti-insectes ou encore des latrines « ont été refusées ou sont restées sans réponse ».
Les conséquences sont « considérables pour la santé, l’hygiène et la dignité des populations, en particulier pour les femmes et les personnes en situation de handicap », souligne MSF, pointant un manque d’accès à l’eau et à l’hygiène qui, combiné à des conditions de vie précaires, favorise la propagation de maladies.
Face à cette situation, l’ONG demande aux autorités israéliennes de rétablir immédiatement l’accès à l’eau « à des niveaux suffisants » pour les habitants de Gaza et appelle leurs alliés à « faire pression afin que les entraves à l’aide humanitaire soient levées ».
