Un drame a été évité de peu à la mosquée Arrahma, à Montluçon (Allier). Dans la soirée du lundi 13 avril 2026, un homme armé d’une hache et d’un couteau a menacé les fidèles venus pour la prière du soir. Grâce à la vigilance et à l’intervention d’un médecin, arrivé en retard pour l’office, la situation a pu être rapidement maîtrisée.
Lundi 13 avril, vers 22 heures, un homme porteur de deux armes blanches s’est introduit dans la mosquée Arrahma, à Montluçon (Allier), où une quinzaine de fidèles étaient réunis pour la dernière prière du soir. Un fidèle, arrivé en retard pour l’office, l’a croisé et a réussi à se réfugier dans l’édifice avant d’alerter la police.
L’intervention courageuse d’un fidèle permet d’éviter le pire
La scène s’est déroulée en fin de soirée, au moment où les fidèles se rassemblent pour la prière. Dans un communiqué publié mardi, l’association de la mosquée indique qu’un individu a « tenté de s’introduire dans l’enceinte de la mosquée en adoptant un comportement inapproprié et muni d’objets dangereux ».
Arrivé sur place, un médecin de profession a aperçu l’individu tenant un extincteur et lui a demandé ce qu’il faisait là. L’homme, âgé d’une trentaine d’années, a alors sorti un couteau. Face au danger, le fidèle est entré dans le lieu de culte en refermant la porte derrière lui, tandis que l’homme exhibait une hache et poursuivait ses menaces.
« L’individu a menacé l’un d’entre eux, un médecin qui était en retard pour la prière », confirme le parquet. « Face à la menace, ce dernier s’est réfugié à l’intérieur du bâtiment et s’est barricadé avec les autres fidèles présents, avant d’alerter les forces de l’ordre ». Selon plusieurs témoignages, l’individu aurait ensuite emprunté un couloir avant de prendre la fuite.
Une vive inquiétude a saisi les fidèles de la mosquée du quartier de Bien-Assis, à Montluçon, lundi soir 13 avril 2026. pic.twitter.com/1MsRUFz7gQ
— CCIE (@CCIEurope) April 14, 2026
L’individu toujours recherché
Les policiers, intervenus rapidement, ont effectué des recherches dans le quartier de Bien-Assis où se situe la mosquée, sans parvenir à retrouver le suspect, qui a laissé sur place l’extincteur. L’enquête a été confiée au Service local de la police judiciaire (SLPJ).
Deux plaintes ont été déposées contre X, l’une par le médecin visé, l’autre par le président de l’association gestionnaire de la mosquée, Hafi Missouri. Une enquête a été ouverte pour « violences avec arme » par le parquet de Montluçon.
« Cela aurait pu tourner au drame. Il faut bien comprendre que les fidèles étaient en train de prier et qu’ils étaient tous le dos tourné par rapport à l’entrée. Ils étaient sans défense », a déclaré Hafi Missouri. « Depuis trois semaines, on étudie la possibilité d’installer des caméras de sécurité. On reste tous marqués par l’assassinat d’Aboubakar, il y a un an », a-t-il ajouté, évoquant aussi un climat de tension persistant.
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Le parquet nie le caractère islamophobe de l’attaque
Le parquet reste toutefois prudent sur les motivations de l’auteur. Interrogé sur un éventuel caractère islamophobe, le parquet précise : « Pour l’instant, il n’y a pas de mobile religieux islamophobe qui ressort. Il n’y a rien […] qui nous permet de le déterminer ». La qualification juridique « violences avec arme » ne tient donc pas compte du caractère cultuel de la mosquée.
De son côté, Hafi Missouri rappelle que la mosquée avait déjà été visée par des actes d’intimidation. « C’était de l’intimidation, des « on ne vous veut pas ici » « Restez petits », mais là aujourd’hui c’est du haut niveau », affirme-t-il, évoquant des fidèles « choqués » et « apeurés », certains hésitant désormais à revenir prier.
