Israël traverse une période d’incertitude autour de ses guerres, lancées tous azimuts, sur plusieurs fronts. « Nous sommes au bord d’un nouveau désastre sécuritaire », a averti hier Yaïr Lapid, chef de l’opposition israélienne et ancien Premier Ministre.
Fatigue, doutes et incompréhensions : depuis près de trois ans, les agressions militaires israéliennes chez ses voisins mettent à rude épreuve le système des réservistes, conçu pour des conflits courts. Si, dans un premier temps, la classe politique avait fait bloc, ce consensus s’effrite progressivement. Selon des propos attribués au chef d’état-major, Eyal Zamir, la situation devient critique : « Tsahal est en train de se diriger vers un effondrement interne ».
« Nous sommes au bord d’un nouveau désastre sécuritaire »
Les guerres s’enlisent et l’armée israélienne montre des signes d’épuisement. L’inquiétude grandit au sein de Tsahal, pilier des opérations militaires israéliennes sur plusieurs fronts ces derniers mois. Lors d’une réunion nocturne du cabinet, le chef d’état-major, Eyal Zamir, a averti que l’armée approchait de ses limites et que « les réservistes ne tiendront pas »
Cette pression militaire se double désormais d’une crise politique. L’armée réclame « des forces supplémentaires » et plaide pour un élargissement de la conscription, notamment aux juifs ultraorthodoxes. L’ancien Premier ministre, Yaïr Lapid, dénonce une stratégie insuffisamment soutenue : « Tsahal est poussée à bout, au-delà de ses limites », accusant le gouvernement de manquer de moyens.
« Je veux mettre en garde les citoyens d’Israël, nous sommes au bord d’un nouveau désastre sécuritaire », a averti le chef de l’opposition au 27e jour du conflit. Une critique qui n’est désormais plus isolée.
🔥 Yair Lapid dénonce l'envoi de l'armée israélienne 🇮🇱 en guerre sur plusieurs fronts sans stratégie ni ressources suffisantes.
— La Minute Express (@France_Immuable) March 27, 2026
Source : Stratégie Militaire pic.twitter.com/cFomNJmja4
Israël « ne gagne nulle part »
Même dans le camp de Netanyahou, les doutes émergent. « Le gouvernement ne gagne nulle part, ni au Liban, ni à Gaza […] En Iran, nous verrons », a déclaré Naftali Bennett, ancien Premier ministre. Tonalité similaire du côté de Yaïr Golan, ancien chef d’état-major adjoint, qui accuse la coalition, tiraillée entre ses alliés d’extrême droite et ultra-orthodoxes, d’« abandonner la sécurité d’Israël en temps de guerre pour de petites manœuvres politiques » et de « mettre en péril la sécurité de l’État ».
Évoquant l’élargissement des « missions » militaires en Cisjordanie, à Gaza, au Liban, en Iran et en Syrie, le général israélien Effie Defrin a déclaré, lors d’un point de presse télévisé, qu’Israël devait se préparer à d’autres opérations. « Pour cela, il faut davantage de soldats combattants », a-t-il ajouté.
Derrière ces prises de parole, une même inquiétude se dessine : une situation de guerre permanente qui s’étend, une armée qui s’épuise et un consensus politique qui commence à se fissurer…pour le plus grand bien des pays voisins constamment agressés.
