Réalisé du 19 au 23 décembre 2025, le sondage « Radioscopie des adolescents de 15 à 17 ans » propose un panorama des grandes préoccupations qui traversent la vie des lycéens français. Parmi les enseignements marquants, l’enquête met en lumière que la majorité d’entre eux désapprouve les critiques visant la religion.
D’après un sondage Ifop réalisé pour le magazine Elle, 58 % des adolescents français de 15 à 17 ans jugent « inacceptable » la critique de la religion. Ce rejet est encore plus marqué chez ceux qui se déclarent croyants (47 % des athées, 76 % des catholiques, 92 % des musulmans) et parmi les jeunes issus de milieux populaires (entre 61 et 65 %).
Une forte réticence à la critique des religions chez les 15-17 ans
L’Ifop a publié une radioscopie de la jeunesse qui met notamment en évidence une forte réticence à la critique des religions chez les 15-17 ans. Le sondage souligne que les lycéens désapprouvent majoritairement les attaques visant la religion (63 % des filles et 53 % des garçons).
Parmi les priorités de ces jeunes Français figurent la famille (98 %), l’amitié (97 %), l’argent (94 %), suivis par les réseaux sociaux (65 %) et la religion (42 %). « Cette génération n’est pas aussi progressiste que la caricature que l’on en fait parfois. Ils sont attachés à des valeurs généralement perçues comme étant “de droite”, telles que la famille ou l’argent, et particulièrement inquiets des risques liés à leur sécurité », observe François Kraus, directeur du pôle politique et société de l’Ifop, dans Elle.

« Les valeurs morales des jeunes apparaissent plus conservatrices »
Plus de huit croyants religieux sur dix (81 %) estiment ainsi inacceptable de critiquer une religion. Plus largement, « les valeurs morales des jeunes apparaissant d’autant plus conservatrices qu’elles sont influencées par la morale religieuse », relève l’Ifop. « Cette “sacralisation” de la religion par des pans entiers de la jeunesse – même les plus diplômés – joue en défaveur du “droit au blasphème” tel qu’il est autorisé en France depuis plus d’un siècle », constate François Kraus.
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Un aspect générationnel fort
Pour l’historien Charles Mercier, ces chiffres « sont cohérents avec de précédentes enquêtes qui montraient que les lycéens étaient beaucoup plus rétifs que l’ensemble des Français envers la critique des religions et le blasphème ». « Selon moi, l’un des facteurs d’explication tient à leur conception de la religion, moins vue comme une conviction qu’il convient de questionner que comme une part de l’identité individuelle qu’il faut respecter (…). Il y a donc un aspect générationnel fort », ajoute Charles Mercier.
Cette donnée fondamentale du sondage révèle un respect croissant de la jeunesse française envers les religions en général et une conception ancrée d’une laïcité ouverte et tolérante.