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Sanctions économiques, inflations, pauvreté : que se passe-t-il en Iran ?

Que se passe-t-il en Iran ? Derrière l’intensification des manifestations et leur répression se dessinent des dynamiques complexes mêlant tensions géopolitiques, inflation record due aux sanctions internationales, crises écologiques et conflits politiques internes. Le retour de la rédaction.

Entre mobilisations populaires, répression sévère et menaces américano-israéliennes, la République islamique d’Iran revient sur le devant de la scène médiatique internationale. L’écart grandissant entre la population iranienne et une minorité élitiste proche du pouvoir, conjugué à une gestion économique complexe et une inflation exacerbée par les sanctions, a nourri un mécontentement profond, aujourd’hui transformé en mouvement de révolte.

« Les manifestations sont inévitables, ce n’est qu’une question de temps »

Étranglée par la récession et une inflation galopante, l’économie iranienne a été durablement fragilisée par le rétablissement des sanctions internationales. Le mécanisme dit de « snapback », permettant la réactivation automatique des sanctions, a été de nouveau enclenché le 28 août par le groupe E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni), à la suite de la guerre des « 12 jours » contre Israël.

Ces mesures incluent un embargo sur les armes ainsi que de lourdes restrictions économiques. « L’establishment sait que les manifestations sont inévitables, ce n’est qu’une question de temps (…). Le problème s’aggrave, tandis que nos options se réduisent », avertissait déjà un responsable politique iranien.

« Le gouvernement peine à préserver la stabilité économique alors que les sanctions perturbent les circuits bancaires, freinent le commerce et entravent les exportations de pétrole – principale source de revenus –, ce qui accentue les pressions sociales et économiques », analyse le chercheur Umud Shokri.

L’effondrement socio-économique de la société iranienne

La monnaie (rial) iranienne s’est effondrée, alimentant une inflation massive qui érode le pouvoir d’achat. Les sanctions commerciales provoquent une flambée des prix et sapent la confiance des investisseurs. L’inflation officielle avoisine les 50 %. En septembre, les prix de dix produits de première nécessité – viande, riz, poulet – ont augmenté de 51 % sur un an.

Pour le président du Centre de recherches du Parlement islamique estimait dimanche dernier que « le mécanisme de “snapback” (…) et les pressions extérieures n’ont pas pu avoir d’impact aussi significatif sur les ventes de pétrole du pays », reconnaissant ainsi que l’Iran fait « malheureusement face à de graves problèmes internes ».

La mauvaise gestion des ressources par des responsables jugés « incompétents » a entraîné des coupures d’eau, d’électricité et même de gaz, alors que l’Iran détient la deuxième réserve prouvée de gaz au monde. Citant, en exemple, les pénuries récurrentes d’eau et d’électricité, liées au gaspillage des ressources hydriques, à la vétusté des infrastructures, à la multiplication des forages illégaux en zones rurales et aux effets du réchauffement climatique.

Lire sur le sujet : Nucléaire: l’Iran met un terme à sa coopération avec l’AIEA

Crise écologique et révolte populaire

Cette année, le pays traverse sa pire sécheresse depuis des décennies. À Téhéran, le niveau des précipitations est jugé « quasiment sans précédent depuis un siècle », selon un responsable local cité en octobre. Le président iranien Massoud Pezeshkian a d’ailleurs qualifié la situation hydrique de « critique », soulignant que « les 31 provinces du pays sont confrontées à des difficultés d’approvisionnement en eau ».

Le mouvement de contestation actuel revêt, de plus, un caractère inédit : il a été initié par les commerçants du bazar, pilier historique de l’économie iranienne, traditionnellement conservateurs et proches du pouvoir. Cette mobilisation a suivi la flambée soudaine des prix de l’or et des devises étrangères face à une monnaie nationale qui a perdu plus de 30 % de sa valeur en 2025.

Plus de la moitié de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, tandis que la classe moyenne s’effrite. La colère populaire est donc profonde. Initialement déclenchée par des raisons économiques rendant leur quotidien insoutenable, la contestation populaire s’est élargie à des revendications politiques visant parfois directement la République islamique, dans un contexte où les pays occidentaux, promoteurs des sanctions, encouragent le mouvement.

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