Élue à la tête de l’Association France-Algérie (AFA) fin 2025, la figure socialiste Ségolène Royal a appelé, samedi dernier, à la reconnaissance des crimes coloniaux français en Algérie, estimant qu’il s’agit d’un premier pas nécessaire vers la résolution de la crise entre les deux pays.
Récemment élue à la présidence de l’Association France-Algérie (AFA), l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal, a présenté, lors d’une conférence à l’IRIS, plusieurs pistes visant à apaiser les relations entre Paris et Alger. Ces propositions portent notamment sur les questions d’histoire, de mémoire et de restitution des biens.
Reconnaissance, réparation et excuses
S’exprimant le 17 janvier à l’occasion d’un événement organisé par son association, intitulé « Demain, la France et l’Algérie », tenu samedi à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris, la nouvelle présidente de l’AFA a détaillé un plan en trois volets pour tenter de dépasser le lourd contentieux historique entre la France et l’Algérie.
Ségolène Royal a d’abord appelé à la « reconnaissance des crimes coloniaux, à la réparation et aux excuses de la part de l’État français ». « Il faudrait, d’abord, abattre les murs pour construire des passerelles de savoir et de respect par le dialogue, entre étudiants, entrepreneurs, chercheurs, artistes, créateurs et bien d’autres », a-t-elle affirmé.
La «rente mémorielle »mot affreux pour nier les souffrances de l’Algérie Sans consolation il n’y a pas de résilience possible. La responsabilité des crimes coloniaux n’est pas héréditaire. Sur un socle commun apaisé on peut construire des projets d’excellence, j’en suis certaine pic.twitter.com/1Q2NpvHdJ8
— Ségolène Royal (@RoyalSegolene) January 19, 2026
Un devoir de mémoire
Prenant ses distances avec la notion de « rente mémorielle », régulièrement invoquée par le président Emmanuel Macron, Ségolène Royal a estimé qu’elle constitue « une manière commode de délégitimer la parole des blessés de l’histoire ».
« Je n’accepte pas le concept de rente mémorielle, parce que c’est une manière commode de délégitimer la parole des blessés de l’histoire. […] La mémoire des violences coloniales n’est pas un calcul ou un intérêt, c’est un droit de reconnaissance de faits établis et documentés. »
Ségolène Royal a également plaidé pour la restitution des biens réclamés par l’Algérie depuis plusieurs années, ainsi que pour la transmission des archives relatives aux essais nucléaires français menés en Algérie dans les années 1960 et la prise en charge de leurs conséquences humaines et environnementales.
Une crise diplomatique depuis 2024
Ces prises de position interviennent alors que le Conseil de la nation, chambre haute du Parlement algérien, s’apprête à adopter une proposition de loi criminalisant le colonialisme français entre 1830 et 1962. Le texte a déjà été voté fin décembre par l’Assemblée populaire nationale (APN).
Cette initiative a suscité des réactions critiques du côté français, les autorités estimant qu’un tel projet « ne favorisera pas le rapprochement entre les deux pays », comme l’a déclaré le 13 janvier l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet. La crise diplomatique entre Paris et Alger se poursuit depuis l’été 2024.
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