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04/12/2022
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Plusieurs migrants tués à la frontière entre l’Espagne et le Maroc

Vendredi 24 juin 2022, plusieurs migrants subsahariens ont trouvé la mort lors d’affrontements à proximité de la frontière grillagée séparant Melilla de la ville de Nador, dans le nord du Maroc.

Lors d’une tentative de passage en force de la frontière entre le Maroc et l’Espagne, des affrontements entre les migrants et les autorités ont conduit à au moins, 27 morts du côté des migrants et plusieurs blessés. 

Une enquête réclamée par l’ONU

Mardi 28 juin, une enquête a été réclamée par l’ONU qui dénonce « un usage excessif de la force » contre des migrants « des deux côtés de la frontière » comme l’écrit Le Monde. De son côté, le président de la commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a demandé une  « une enquête immédiate ». Le parquet général espagnol a également demandé l’ouverture d’une enquête, “ eu égard à « la gravité des faits survenus, qui pourraient affecter les droits humains et les droits fondamentaux des personnes »” .

Certaines images diffusées montrent que les affrontements auraient commencé le jeudi « lors d’une opération de ratissage lancée par les autorités, qui auraient eu vent de la tentative de passage en force qui se préparait. »

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) recense vingt-sept victimes, et de nombreux blessés graves pourraient faire augmenter ce chiffre. Toutefois, selon les informations du quotidien Le Monde, « une vingtaine de tombes auraient été creusées à Nador par les autorités depuis dimanche » et les associations redoutent donc qu’aucune autopsie ne soit réalisée et que la cause de la mort reste inconnue. 

Soixante-cinq migrants présents pendant la tentative de passage seraient poursuivis par la justice, selon l’AMDH. Trente-six migrants seraient accusés d’« entrée illégale sur le sol marocain », de « violence contre agents de la force publique » ou d’« attroupement armé » Le jugement aurait lieu le 4 juillet devant le tribunal de première instance de Nador. 

Les vingt-neuf migrants restants seront jugés à partir du 13 juillet par la cour d’appel pour “ « participation à une bande criminelle en vue d’organiser et faciliter l’immigration clandestine à l’étranger », toujours selon l’association, qui a pu établir que la majorité des migrants poursuivis étaient originaires du Soudan. « Ils viennent du Darfour, mais aussi du Kordofan, deux régions qui sont le théâtre de conflits, souligne une source ayant requis l’anonymat au sein de l’AMDH. Pour nous, ce sont des réfugiés. »” toujours selon les informations du média Le Monde.

Un changement d’itinéraire mis en cause 

Habitués à traverser par le territoire libyen, les soudanais auraient changé d’itinéraire suite à de nombreuses difficultés rencontrées à cause des trafiquants, qui tentent de les extorquer. Les tensions entre le Maroc et l’Algérie sont également mis en cause.

En effet, un communiqué de l’ambassade du royaume chérifien à Madrid a affirmé, mardi, “ la responsabilité d’Alger dans l’arrivée de migrants soudanais” car « Les assaillants sont entrés par la frontière avec l’Algérie, profitant du laxisme délibéré du pays dans le contrôle de ses frontières avec le Maroc ». « N’ayant pas le courage d’assumer leurs propres turpitudes, les autorités de ce pays sont constamment à la recherche de boucs émissaires pour se défausser de leurs responsabilités », a déclaré Amar Belani, envoyé spécial chargé du Sahara occidental et des pays du Maghreb pour l’Algérie.

Une déclaration intitulée « L’accord Espagne-Maroc sur l’immigration tue » a été signée par une centaine d’associations.

Marie Jarosz