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08/12/2022
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Mort du savant égyptien Al Qaradawi à 96 ans

L’un des plus grands savants musulmans contemporains vient de s’éteindre à Doha. Agé de 96 ans, fondateur de plusieurs institutions musulmanes, Youssouf al Qaradawi a publié 120 ouvrages et exercé une influence majeure. Retour sur les grands moments de sa vie sur Mizane.info.

Né en 1926 à Safat Turab en Egypte, Youssouf al Qaradawi a connu une jeunesse tumultueuse sur fond de présence coloniale britannique. Il militera au sein de l’organisation des Frères musulmans ce qui lui vaudra d’être emprisonné à plusieurs reprises par le pouvoir égyptien en 1949, 1954, 1956 et 1962. Le Qatar lui offrira plus tard  l’asile politique et la nationalité après la perte de sa nationalité égyptienne.

Fondateur de la première université des études et sciences islamiques au Qatar en 1977, Al Qaradawi sera également nommé président de l’Union internationale des savants musulmans, et membre du Conseil européen de la fatwa. Il est l’inspirateur de la notion de « jurisprudence des minorités (fiqh al-aqalliyyat) ».

Savant de stature internationale, figure intellectuelle et universitaire, maître à penser des Frères musulmans, Youssouf al Qaradawi a écrit et publié120 ouvrages sur différents sujets liés à la jurisprudence et au droit musulman dans une perspective adaptée au contexte social de son temps. Fiqh al zakat, Fiqh al Djihad, Al Halal wal Haram, sont quelques-uns des titres qui ont construit sa renommée.

« Ash-Shariah wal-Hayat » (la loi islamique et la vie), titre de l’émission qu’il animait sur Al Jazeera, a contribué à sa popularité.

Mais Al Qaradawi avait également ses détracteurs. En Egypte, où ses livres étaient interdit, comme en Arabie saoudite. « Le licite et l’illicite » fut censuré, y compris en France à l’époque de  Charles Pasqua. Son ouverture religieuse relative et sa défense de la médianité de l’islam (al wassatiya) lui avait valu l’hostilité des courants wahhabites adeptes du takfir.

Ses prises de positions politiques sur la Syrie ou la Libye avaient également suscité de nombreuses critiques dans le monde arabe, dans un contexte de durcissement politico-religieux de la guerre en Syrie.