Catégories
Articles récents
03/04/2020
AccueilActualitesMort de l’ancien guide suprême des Frères musulmans Mohammed Mehdi Akef

Mort de l’ancien guide suprême des Frères musulmans Mohammed Mehdi Akef

L’homme qui avait passé 26 années en prison sous les régimes successifs de Nasser, Sadate, Moubarak et Sissi, était âgé de 89 ans.

C’est une nouvelle perte importante qui vient endeuiller la confrérie des Frères musulmans égyptiens. L’un de leurs mentors et ancien guide suprême, Mohammed Mehdi Akef est mort des suites d’un cancer vendredi 22 septembre, à l’âge de 89 ans, dans un hôpital du Caire, d’après une annonce de sa fille. Selon son avocat, Abdel Moneim Abdel Maqsoud, Mohamed Akef avait été transféré de prison, après son arrestation par le régime militaire d’Abdel-Fattah Sissi, il y a dix mois pour pouvoir être soigné. Militant de la première heure, l’ancien Guide suprême des Frères musulmans a passé une bonne partie de sa vie dans les geôles égyptiennes. De Nasser qui le condamne avec des milliers d’autres à la prison à vie en 1954 pour une “tentative d’assassinat” orchestrée par le pouvoir d’après certains historiens, en passant par Sadate, Moubarak et Sissi, Akef aura séjourné pas moins de 26 ans en prison. A sa sortie pénitentiaire, il occupe un poste dans la haute fonction publique au cours une période de détente entre  les mouvements islamistes et le régime de Sadate qui craint la montée de l’extrême-gauche.

La victoire avant le chaos
Mohamed Akef sort d’Egypte en 1980 pour l’Arabie saoudite avant de se rendre en Allemagne. Sept ans plus tard, il retourne au Caire. Il intègre le bureau de la guidance de la confrérie et devient député mais en 1996, il est arrêté par un tribunal militaire sur ordre de Moubarak, pour une peine de trois ans de prison. Cet ancien professeur d’éducation physique va diriger la confrérie des Frères musulmans de 2004 à 2010, un mandat unique qu’il choisira de ne pas renouveler. Il contribuera par ailleurs à catapulter politiquement ce qui deviendra le Parti de la justice et de la liberté de Mohamed Morsi, dès 2005 avec l’obtention de 20 % des sièges aux législatives, puis de remporter les élections en 2012. Mais un an plus tard, après le coup d’état de l’armée contre le président Morsi, il est à nouveau arrêté jusqu’à sa mort le 22 septembre. Ce décès est un coup dur pour l’organisation qui, entretemps, s’est scindée en deux entre une vieille garde et une jeune garde, à la suite de l’intensification de la répression exercée par le régime égyptien.

A lire sur le même thème :