Un an après le passage du cyclone Chido, qui avait gravement endommagé la Grande Mosquée de M’tsapéré à Mayotte, l’édifice, cœur de la vie religieuse du village, a été totalement démoli le 30 décembre. Une collecte de dons a été lancée afin de la reconstruire, plus vaste, avec l’objectif de permettre à la communauté de se rassembler à nouveau.
La Grande Mosquée de M’tsapéré, à Mayotte, ainsi que son minaret, ont été entièrement rasés ce mardi 30 décembre. Déjà très fragilisé par le cyclone Chido, l’édifice va faire l’objet d’un vaste projet de reconstruction, dont le chantier devrait s’étaler sur au moins cinq ans, pour un montant estimé à 4,5 millions d’euros.
Détruire pour mieux reconstruire
C’est une figure emblématique de la région de Mamoudzou qui a disparu ce mardi. Le minaret et la mosquée de M’tsapéré ont été détruits afin de permettre la reconstruction du site. « La mosquée avait déjà été détruite par le cyclone Chido », rappelle Abdillah Ahmed Soilihi, président de l’association chargée de la gestion de l’édifice.
Pour mémoire, le 14 décembre 2024, le cyclone Chido avait frappé violemment la mosquée. La toiture avait été arrachée, les murs du premier étage s’étaient effondrés et le minaret, déjà fragilisé par les années, avait subi d’importants dégâts supplémentaires.
[ 🇫🇷 FRANCE ]
— Little Think Tank (@L_ThinkTank) December 14, 2024
🔸 Mayotte Avec des vents à 220 km/h, l’archipel est en alerte maximale ce samedi 14 décembre. Les habitants et les secours, confinés, redoutent des dégâts sans précédent. Toutes nos pensées vont à nos compatriotes d’Outre-mer. ♥️
pic.twitter.com/e6Z5vmmFcN
« Cette mosquée appartenait à tous les habitants du village »
La Grande Mosquée de M’tsapéré constituait le principal lieu de rassemblement pour la prière du vendredi, réunissant l’ensemble des habitants du village. Depuis le passage du cyclone, le comité du culte de M’tsapéré a redirigé les fidèles vers d’autres mosquées. Si les offices se poursuivent ailleurs, le lien communautaire qu’offrait la Grande Mosquée chaque vendredi restent difficiles à remplacer.
« Cette mosquée était un lieu central, où se tenaient toutes les réunions et de nombreux événements. Elle appartenait à tous les habitants du village, et beaucoup ont dû avoir le cœur serré en la voyant détruite. Personnellement, je n’ai pas pu assister au moment décisif, je ne voulais pas voir ça », confie Abdillah Ahmed Soilihi.
Un appel aux dons avait été lancé par l’association gestionnaire afin de réunir les fonds nécessaires à la reconstruction. L’association a ensuite décidé de tout démolir, à la fois « pour des raisons de sécurité » et parce que « la surface n’est plus suffisante pour accueillir l’ensemble des fidèles ».

Un chantier sur cinq ans
« La nouvelle mosquée sera construite sur deux niveaux. Elle occupera l’emprise de l’ancienne mosquée et de la cour, ce qui permettra de doubler la surface du rez-de-chaussée », précise Abdillah Ahmed Soilihi, en indiquant qu’un espace sera également dédié aux femmes. La collecte de dons est toujours en cours pour financer ce projet.
Le chantier de reconstruction intégrale devrait durer au minimum cinq ans, pour un coût évalué à 4,5 millions d’euros. L’objectif reste toutefois de rendre la mosquée « utilisable » d’ici un an, afin que les habitants de M’tsapéré puissent de nouveau se rassembler ensemble dans la Grande Mosquée.
