Catégories
Articles récents
26/02/2021
AccueilActualitesMaroc/Israël : les vraies raisons d’une « normalisation »

Maroc/Israël : les vraies raisons d’une « normalisation »

Le Maroc a officiellement normalisé ses relations diplomatiques avec Tel Aviv rejoignant le cortège ouvert par l’Egypte, la Jordanie et plus récemment les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan. Une décision du roi Mohamed VI qui a provoqué un nouveau tollé dans l’opinion publique arabo-musulmane.   

Mais qu’est-il bien allé faire dans cette galère ?

En acceptant d’officialiser diplomatiquement une relation extra-conjugale consommée de longue date, le roi Mohamed VI a provoqué un véritable séisme au Maghreb dont les ondes ont été perceptibles jusqu’en France qui comporte la plus importante communauté arabo-musulmane.

Une décision encore largement incomprise.

Annoncée sur Twitter par le pire des hôtes organisateurs de la cérémonie de mariage, Donald Trump, la décision du monarque chérifien fragilise un peu plus le camp des soutiens lointains mais réels de la cause palestinienne.

Il est vrai que cette annonce a surtout une portée symbolique dévastatrice pour la diplomatie marocaine et pour le peuple palestinien, orphelin d’un monde arabe porté par l’impitoyable trio Sissi/MBS (Mohamed Ben Salmane, prince héritier de la monarchie saoudienne) /MBZ (Mohammed ben Zayed ben Sultan, prince héritier des Emirats).

Que sait-on réellement des motivations marocaines ?

Le premier élément de justification de cette normalisation a été l’annonce par l’ancien président des Etats-Unis de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire objet d’un litige militaire larvé entre Alger et Rabat. Washington a annoncé l’ouverture d’une ambassade sur le territoire sahraoui.

Une décision qui risque de mettre de l’huile sur le feu entre les deux pays frères d’Afrique du Nord et repousse les espoirs d’un rapprochement algéro-marocain, tant désiré, qu’une réouverture des frontières auraient permis.

« Israël s’est donc définitivement implanté au Maghreb et rien ne dit que la Mauritanie n’emboîtera pas le pas au Maroc dans les semaines et les mois à venir. L’entité sioniste est déjà présente à nos frontières sud, via l’implantation de trois entreprises spécialisées dans l’aéronautique et les télécommunications, deux domaines qui menacent directement la sécurité de l’Algérie », écrivait à ce propos le site Algérie patriotique cité par Le Point.

L’Algérie qui n’a pas encore officiellement réagi voit cette nouvelle affaire comme une menace directe sur son espace de souveraineté géopolitique, déjà fragilisé par la guerre en Libye.

A Rabat, l’annonce d’une reconnaissance marocaine, déjà rejetée par le Front polisario, n’a pas été la seule cerise sur le makrout.

D’après les informations du New York Times, cette annonce a été accompagnée d’une promesse de financement de l’économie marocaine à hauteur de…. 3 milliards de dollars ! Un jackpot injecté sous forme d’investissement sur trois ans et obtenu par les entremises d’un homme d’affaires israélien répondant au nom de Yariv Elbaz.

« M. Elbaz a informé le gouvernement marocain que l’administration Trump était disposée à investir jusqu’à 3 milliards de dollars d’investissements, dont une grande partie réservée aux banques marocaines, aux hôtels et à une société d’énergie renouvelable appartenant au roi.

L’opération devait être coordonnée par la Société américaine de financement du développement international », ont révélé nos confrères du New York Times.

« Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure décision que le Maroc devait prendre maintenant au niveau national », a commenté à ce propos Mohamed Daadaoui, un universitaire marocain dans un tweet.

Selon Jared Kushner, gendre de l’ex-président américain et son contact direct avec Tel Aviv, un million d’Israéliens sont d’origine marocaine.

Des statistiques qui augurent des rapports étroits bien que longtemps distanciés existant entre les deux pays.

Des lignes aériennes directes pourraient être ouvertes prochainement.

A lire aussi :