Quatre militants de la région lyonnaise, dont l’auteur Yamin Makri, poursuivis pour avoir affiché des photos d’enfants palestiniens mutilés dans le cadre d’une campagne dénonçant « le génocide à Gaza », ont été relaxés, lundi dernier, par le tribunal administratif.
Quatre militants étaient poursuivis par le parquet de Lyon pour avoir apposé des affiches dénonçant les bombardements israéliens et représentant des enfants palestiniens mutilés. Il leur était reproché d’avoir diffusé ces images « sans le consentement des enfants ». Les quatre prévenus ont finalement été relaxés par le tribunal judiciaire de Lyon qui a invalidé, lundi 5 janvier, l’ensemble des poursuites engagées par le parquet.
Poursuivis « pour avoir diffusé des photos d’enfants sans leur autorisation »
Le ministère public accusait les militants lyonnais d’avoir porté atteinte au « droit à l’image » de jeunes victimes du génocide israélien. « Nous ne sommes pas poursuivis pour des dégradations de biens publics, comme c’est habituellement le cas, mais pour avoir diffusé des photos d’enfants sans leur autorisation », avait expliqué avant l’audience l’un des prévenus, l’écrivain Yamin Makri.
Pour étayer l’accusation de violation du « droit à l’image » des enfants palestiniens, le parquet s’était appuyé sur plusieurs articles du Code pénal couvrant des infractions très diverses (agressions sexuelles, morsures par chien, conduite sous stupéfiants, etc.), pour lesquelles la diffusion d’images peut être sanctionnée dans des contextes précis.
Quatre hommes étaient poursuivis à Lyon pour avoir collé des affiches dénonçant les bombardements israéliens et montrant des enfants palestiniens mutilés. Il leur était reproché d'avoir publié ces photos sans le consentement des enfants. Les 4 ont fort heureusement été relaxés.
— Rafik Chekkat (@r_chekkat) January 6, 2026
Lors de l’audience du mercredi 10 décembre, la procureure avait requis contre chacun des quatre militants six mois de prison — éventuellement assortis du sursis —, 650 euros d’amende par personne, des « stages de citoyenneté », une peine d’inéligibilité ainsi qu’une interdiction de port d’arme pendant cinq ans.
Des accusations caduques et infondées
Le tribunal a rapidement écarté ce qu’il a considéré comme des accusations infondées. Les juges ont même souligné que, si le parquet souhaitait réellement se fonder sur le Code pénal, il aurait pu invoquer l’article 211, qui réprime les crimes de génocide et les crimes contre l’humanité. Autrement dit, les crimes commis par Israël.
Avant le procès, une représentante du parquet avait proposé un « arrangement » prévoyant une amende forfaitaire de 1 000 euros par prévenu, une option refusée par les militants. La mairie « communiste » de Vénissieux, qui s’était constituée partie civile, a également été déboutée.
🎥 🇫🇷 🇵🇸 Procès de Yamin Makri : protestation à Lyon contre la répression visant le militant pro-palestinien
— Press TV Français (@fr_presstv) December 13, 2025
Qassem Hassan,
Press TV, Lyon pic.twitter.com/BBwGmicOQj
Yamin Makri poursuivi dans une autre affaire
Dans une vidéo publiée après le jugement, Yamin Makri s’est félicité d’une décision de justice qui a « reconnu que les perquisitions, les gardes à vue et les humiliations qu’on a subies étaient totalement infondées et injustes, et pour nous, c’est une très bonne chose ».
L’auteur et fondateur des éditions Tawhid avait par ailleurs comparu le 10 décembre dans une seconde affaire pour « apologie du terrorisme », à la suite de publications pro-palestiniennes mises en ligne en 2022. Le délibéré est attendu d’ici la fin du mois de janvier.
