L’ONG Transparency International a alerté, ce mardi, sur l’aggravation de la corruption au sein des démocraties à l’échelle mondiale. L’organisation attribue aux États-Unis le plus mauvais score jamais enregistré pour le pays et relègue la France à la 27e place de son classement, son niveau le plus bas à ce jour, derrière l’Uruguay et les Émirats arabes unis.
Transparency International a publié, mardi, son indice mondial de perception de la corruption. La France y chute à la 27e place, son rang le plus faible depuis la création de cet indicateur en 1995. Cette contre-performance intervient après plusieurs scandales très médiatisés qui ont marqué l’actualité française l’an dernier.
La tendance inquiétante de la France
L’Hexagone atteint ainsi son plus bas classement international dans cet indice. Cette dégradation s’explique en partie par des affaires impliquant le groupe agroalimentaire Nestlé, l’ancien président Nicolas Sarkozy et la candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen. Mais la situation française n’est pas isolée.
Ces dossiers retentissants ont « contribué à la dégradation de la perception de la corruption », analyse Florent Clouet, directeur général de Transparency International France. Au-delà de ces cas, l’organisation pointe d’autres facteurs structurels qui ont aggravé cette image. « Le problème le plus important, à notre avis, est le manque de volonté : il n’y a absolument aucun leadership politique dans la lutte contre la corruption », estime Florent Clouet.
Selon Transparency International, les difficultés observées en France s’inscrivent dans une « tendance inquiétante » marquée par un « recul des scores dans des démocraties traditionnellement performantes », comme le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Suède ou le Royaume-Uni.
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— Little Think Tank (@L_ThinkTank) February 10, 2026
🔸 La France recule à la 27e place, son pire classement historique, dans l’indice de perception de la corruption publié le 10 février par Transparency International, avec 66 points, en baisse d’un point sur un an. pic.twitter.com/wKHh3Edbbz
« L’Europe a tendance à suivre les États-Unis »
À l’échelle mondiale, plus des deux tiers des pays évalués affichent un score inférieur à 50 et « la grande majorité des pays ne parviennent pas à maîtriser la corruption », relève le rapport. Sur la dernière décennie, les avancées ont « stagné » en Europe occidentale et « se sont détériorés » aux États-Unis, qui enregistrent un nouveau plancher à 64, précise le document.
« L’Europe a tendance à suivre l’exemple des États-Unis », regrette Florent Clouet. Cette dégradation de la perception de la corruption a des effets profonds, conclut l’expert, incitant des citoyens désabusés à « s’abstenir de toute participation politique » et alimentant « la colère sociale ».
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Le Danemark, un pays modèle ?
L’indice est établi à partir d’avis d’experts et de chefs d’entreprise, qui évaluent 182 pays selon leur niveau perçu de corruption dans le secteur public, sur la base de données issues d’organismes comme la Banque mondiale ou le Forum économique mondial.
Les États obtiennent une note allant de zéro, pour les plus corrompus, à 100, pour les plus vertueux. Dans l’édition 2025 publiée mardi, le Danemark arrive en tête avec 89 points, tandis que le Soudan du Sud ferme la marche avec un score de 9.