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28/05/2022
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L’Assemblée nationale reconnaît le génocide des Ouïghours par la Chine

Un groupe de femmes musulmanes au Xinjiang. 

L’Assemblée nationale a voté jeudi 20 janvier une résolution condamnant les crimes commis en Chine contre les Ouïghours. Défendu par le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, le texte a été adopté à la quasi-unanimité. 

Selon France tv info, le texte prévoit que “ l’Assemblée reconnait officiellement les violences perpétrées par les autorités de la République populaire de Chine à l’encontre des Ouighours comme constitutives de crimes contre l’humanité et d’un génocide  et les condamne. Elle invite le gouvernement français” à faire de même et à adopter “ les mesures nécessaires auprès de la communauté internationale et dans sa politique étrangère à l’égard de la République populaire de Chine pour faire cesser cette situation.”

Olivier Faure blâme également les entreprises et marques occidentales “ qui continuent à utiliser le travail forcé”  des Ouïghours.

Qui sont les Ouïghours ?

Les Ouïghours représentent une ethnie majoritairement musulmane vivant dans la province chinoise du Xinjiang. 

Pendant la Révolution culturelle, de 1966 jusqu’à la mort de Mao Zedong en 1976, une partie des Mongols, des Tibétains et des Ouïghours a été persécutée. La Chine maoïste souhaitait un peuple de culture chinoise. Une politique d’assimilation a été mise en place envers les minorités et les Ouïghours étaient forcés, par exemple, à manger du porc. 

A la mort de Mao, un espoir naît mais de courte durée. A partir des années 1990 les affrontements reprennent et en 2009, la situation se radicalise. 

Dans la nuit du 25 au 26 juin 2009, des ouvriers Ouighours sont attaqués par des Hans après la rumeur d’un viol, supposément commis par des Ouighours sur une femme Han. Deux ouvriers Ouïghours décèdent.  Après que des vidéos de lynchage aient été postées sur Internet, des Ouighours ont exigé que la justice soit rendue et des émeutes ont éclatées, faisant 197 morts dont une majorité de Hans, selon un bilan communiqué par Pékin. 

Depuis ces affrontements, la version officielle de la Chine présente les Ouighours comme des terroristes. 

Répression et camps d’internement

Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste chinois en 2012 et président de la République populaire en 2013, la situation semble s’être nettement dégradée. La mise en place de “ camps de rééducation” débute et selon l’ONG, au moins 1 million de personnes seraient détenues dans ces camps, de force.

A côté de ces camps, la répression passe par des instruments de surveillance de la population avec des caméras de surveillance partout dans le Xinjiang. Celles-ci servent, par exemple, à surveiller que les Ouïghours “mangent pendant le jeûne du Ramadan” affirme Marie Holzman, sinologue, spécialiste de la chine contemporaine, pour le magazine GEO.

Plusieurs témoignages décrivent les conditions dans les camps d’internement dans lesquels les Ouïghours seraient forcés à travailler, à lire les textes du parti communiste, à abandonner leur religion. Des témoignages parlent de torture et de viols subis chez les femmes ainsi qu’une stérilisation de force. 

Selon Jean-Philippe Béja, sinologue, les autorités chinoises chercheraient à “ éradiquer la culture ouïghoure, considérée comme la source d’une volonté séparatiste par les dirigeants chinois. On interdit aux jeunes d’aller à la mosquée, le pèlerinage à la Mecque est empêché, on proscrit aussi les prénoms islamiques ou simplement turcs.” explique-t-il au magazine France culture.  “ Puis on occupe les mosquées, on interne les gens qui se laissent pousser la barbe, qui portent un voile, qui ont le Coran chez eux ”, complète-t-il. 

Marie Jarosz